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 Memoires et Fredaines

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Rasp
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MessageSujet: Memoires et Fredaines   Lun 22 Oct - 22:18

hasdrupal a écrit:
MEMOIRES DE GUERRE POITOU ANJOU BRETAGNE 1455

cte I Scène 1 Illusions

Bureau du Procureur du Limousin

Milane Maussade Et encore un éboulement! Bon je redescends. Où est ma pelle?
Rasp à Hasdrupal Qu'est-ce qu'elle a Milane? Des soucis avec le Château? Les caves?
Has s'amusant comme un gosse avec une petite potence avec laquelle il execute un pantin de bois ... Je sais pas, les mines sûrement, "Alors Tokagero! On fait moins le malin maintenant!...."
Rasp excédé Il est temps que ça se termine! Ca t'a attaqué le cervelet! Bon, tout est prêt pour le départ?
Has mimant le condamné s'étranglant "Arglglgh! Non! Argh! Pitié Procureur!" à Rasp Ben Annlor, Haig et Milane vont vous passer les stocks, les abattoirs tournent à plein. On m'a même demandé de mettre notre billot judiciaire à contribution. Il paraît que tu t'es acheté un cheval ? Bonne bête! Faudra que j'en pende un pour goûter la viande.
Rasp mi rire mi colère Tu veux que je te dise? Dommage que tu ne sois pas dans ma lance, je t'aurais appris la vie! Non mais sans blague! C'est quoi ça? Montrant un ingénieux petit boîtier métallique
Has concentré par une décapitation de carotte Vierge de Fer! Amusant. N'y mets pas le doigt ça pique fort.
Jizz Arrive dans le bureau essoufflée Has! Rasp! Alors? On y va ? moqueuse Ah je vois que le travail n'arrete pas pendant les préparatifs!
Has agacé et s'interrompant brusquement Je prépare toujours mes réquisitoires. Faut répéter, répéter... répéter...encore!
Rasp Aïe ! Suce son doigt
Jizz papillonnant des cils Noncle! J'ai un dernier sac à charger. Il est un peu lourd. Tu peux m'aider? Au lieu de t'executer le pouce? Eila et moi on y arrive pas...
Rasp repoussant la mini Vierge de Nurenberg puis regardant un bout de bois planté dans un navet auquel une main facétieuse a dessiné deux yeux en croix et une langue pendante C'est quoi ?
Has s'absorbant maintenant dans la manipulation d'un petit pilori Pal!
Jizz s'impatientant Rasp! lui colle un coup de saucisson bien sec sur la tête Mon excédent de bagages! S'il te plaît.
Rasp se lève un peu à regret laissant son frère rendre seul la Justice Allons y ma nièce, ça ne doit pas être bien terrible. Qu'est ce que c'est? Des Jupes?
Jizz rougit tout soudain et murmure Batterie de cuisine... en fonte! Et le grand assortiment.
DEHORS
Rasp sourire narquois Tu comptes calmer les bretons a coups de poêle ?
Jizz très sérieuse Nan! Faire des crêpes.
Rasp fouillant dans la charette Et ça c'est quoi?
Eila arrive en courant C'est à moi! C'est à moi!
Rasp ouvrant le ballot Des graines? Tu veux faire un potager? Sort une chemise echancrée Dans cette tenue? Fait face aux deux soeurs qui rivalisent de feux aux joues.
Eila et Jizz, d'une seule voix Tu diras rien Noncle! ? !

Oeuvre collective

hasdrupal a écrit:
cte I Scène 2 Premiers indices

Bureau de la Conseillère aux Mines du Limousin

Milane couverte de boue, regarde Has entrer Tiens! Tu tombes bien toi. On a reçu une lettre des filles. Je suis en train de la faire déchiffrer.
Has surpris Déchiffrer? C'est si grave ?
Milane Non, c'eest truffé de fautes!
Un clerc entre courbé en deux, présente une copie fraîchement sablée M'dame, on vous réclame en bas, encore un éboulement je crois... Voici la lettre.
Milane laissant poindre son énervement Encore? Prend une pelle et la lance au clerc Tiens! Tu es maintenant Adjoint aux Mines, descends creuser avec tes camarades! Parcourt la lettre en miomiotant pendant que Has tente vainement de lire par dessus son épaule. Tout le monde va bien... Ils sont à Thouars. Les Poitevins s'énervent car ils n'ont pas assez de travail pour tous... " Du Travail? " Je te lis le mot d'Eila

"On mange bien, nos trois portions de cochonnailles par jour, des crêpes à tous les matins ou presque, il y en a même pour me dire que j'ai pris du poids! Marmotte et Pouce-Vert s'occupent bien de nous et on se chaperonne mutuellement donc vous pouvez dormir tranquille."

Milane sortant un épais cahier, La p'tite Jizz nous envoie un roman, écoute donc:

hasdrupal a écrit:
oitou, milieu d’une nuit, lors du trajet vers l'Anjou...

Quittant le campement discrètement, ayant une affaire à régler au plus pressé, Jizz se dirigea vers le centre du village, évitant les personnes qui sortaient encore de taverne à cette heure tardive. Une bougie allumée à la fenêtre du presbytère indiqua à Jizz où elle pourrait bien trouver la personne qu’elle était décidée à trouver. Non qu’elle se soit reconvertie en si peu de temps, mais la personne qu’elle cherchait s’y trouvait. Serrant dans son poing le pendentif protecteur qu’elle avait toujours en poche, toujours utile en cas de tentatives d’envoûtement ou autres sortilèges, elle frappa à la porte, reculant d’un pas, attendant qu’on vienne lui ouvrir.

Jizz- Bonsoir messire…
Tagadaouafouaf- Tout va comme vous le voulez en ce bas monde ?
- Justement mon père… j'avais une récla... une confession à faire…
- Une confession ? Je suis toute ouïe alors … la majorité des gens viennent se confesser lorsqu'ils ne sont pas innocents… Et vous êtes trop belle pour être coupable Que voulez vous confesser ?
- D'avoir des envies d'étrangler quelqu'un ? sourire angélique Quelqu'un proche d'Aristote qui plus est...
- Ah... finalement, vous n'êtes pas si innocente que cela… Voulez vous que nous commencions de suite la confession ?
- Quelle serait la sentence pour des envies de meurtre ? j'aimerais savoir avant de me confesser…
- Pour la pénitence, il y a plusieurs moyen : soit une prière à Aristote, un don au ciel de votre temps et de vos efforts, soit un don au représentant du ciel, soit carrément payer en nature, ce qui nécessiterait une nouvelle confession, qui vous obligerait à repayer en nature… j'ai quelques clientes très régulière…

La discussion se perdit dans un chuchotement de négociation, discussion ponctuée par des exclamations offusquées, le plus souvent suivies par un rire fou qui glaçait le sang.

- Suggestion… je confesse votre envie de tuer gratuitement, et votre pénitence se bornera à continuer à être aussi jolie...
- oui... mais vous m'avez subtilisé la viande mise en vente pour vous venger de quelque chose dont je ne suis pas coupable...
- Non non… Ce n’était absolument pas pour me venger, juste que l’affaire était juteuse… j'étais un peu honteux quand j'ai vu que c'était vous, mais rassurez-vous, cela est presque passé désormais… j'espère que vous n'en voudrez pas trop à un pauvre curé fou du lointain Poitou de vous avoir causé tant de misères. Cela ne m'arrive rarement que de tenir à ce qu'une personne à qui j'ai fait du tort me tienne en estime

Petit sourire sarcastique de la part de Jizz… et plus de deux heures après

- Je vais faire part à ma hiérarchie de votre proposition… pourriez vous me la donnez sur un bout de parchemin signé ?
- Je vous rédige cela de suite… S’installe à son secrétaire, il lui tendit enfin un vélin

Citation :
Bien le bonjour, jolie dame.

Vous avez mené cette négociation de main de maître, moi qui étais près à vous mettre dehors, aussi belle soyez-vous. Nous sommes arrivé à une proposition d'accord qui contiendrai les clauses suivantes:

- Votre absolution entière et totale concernant les envies de meurtre que vous avez eu à l'égard d'un représentant de l'église aristotelicienne.
- Un don de 2 écus par viande, pour les nécessiteux de Thouars
- L'assurance que votre groupe armé ne nuira plus aux embauches de thouarsais dans leur source de revenus habituels (travail à l'église, au RMI, mendicité, sauf absolue nécessité)
- un gros bisoux sur la joue
- modération des propos à l'encontre des étrangers. Critiques plus ciblées et moins vulgaires
- Tout plein de verres pour la belle dame (assez pour lui faire hurler maman toute nue, en équilibre sur la pointe du clocher, sans avoir honte)

Affectueusement Tagada, le curé fou de Thouars

P.S.: En espérant que nous conservions de bonnes relations, même par dessus les frontières qui nous séparerons sous peu.

Lisant rapidement le parchemin, la jeune femme grimace au "nue sur le clocher", tandis que le curé lui murmure si je rature, cela ne fera point joli… puis pourquoi devrais-je cacher que je vous trouve belle, séduisante, et que vous êtes à tomber raide quand vous souriez ?

- Je crois que vous devriez sortir de votre église plus souvent…

- Je sors, je sors, ne vous en faites pas ! Bien, il ne me reste plus qu'à vous reconduire hors d'ici, que vous preniez un repos bien mérité. je vous raccompagne à votre campement ?

- Avec plaisir ! Comme ça mon gros bras de gouverneur vous tordra le cou !


- Je vous laisserai en vue du campement alors, je tiens à ma vie et à ma bedaine

Jizz sortit du presbytère un parchemin en main, l’œil soucieux, se retournant une dernière fois. L’homme qu’elle venait de visiter avait lui l’air satisfait de ceux qui sont parvenus à leurs fins malgré tout.

Rentrant au campement, elle entra dans une des tentes pour y déposer son parchemin, poussant un soupir de soulagement suite à l’accomplissement de sa mission.. La garde venait de passer le relais, l’aurore n’était pas loin de montrer le bout de son nez. Cette fois, elle pouvait retourner dormir, l’esprit presque tranquille. [/img]

hasdrupal a écrit:
ilane rangeant la lettre précieusement Les bonnes petites! Et nous? Tout est prêt?
Has confiant Oui oui, j'ai tout emballé!
Milane méfiante Tu as pris de quoi manger?
Has étonné Euh oui, deux pains...
Milane hausse les sourcils en commençant une liste Tu as pris des écus?
Has de plus en plus perplexe Bien sûr! J'ai 15 écus....
Milane Secoue la tête en allongeant la liste une épée?
Has sourit avec fierté Ah oui! Erbi me l'a mise de coté! Je dois passer la prendre demain ou apres de main!
Milane d'une voix lasse Demain on sera à Limoges. As tu un bouclier?
Has J'ai pensé que....
Milane Ne pense pas ! La maison est fermée? La Noireaude attelée?
Has triomphant La lessive est faite! Puis d'une voix penaude Mais elle n'est pas sèche
Milane serre la machoire Tu as répondu pour le prochain conseil? Tu as une liquette propre pour la cérémonie de Roche? Tu as arrosé les légumes? Cousu ton nom sur tes braies?
Has sort discrètement pendant que Milane énumère les tâches à effectuer

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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Lun 22 Oct - 22:19

hasdrupal a écrit:
Acte II Scène 1 Devant Rieux

oche Ravi de voir l'ennemi On y est! Vannes est déjà à nous, on ne peut pas mieux tomber!
Jizz avec à propos C'est quoi des Rillettes?
Milane, Ned et Annlor ensembles Quand est ce qu'on va cueillir?
Has prenant la direction de Vannes, agrippé au colbak par un Roche encore de bonne humeur Pourquoi on s'arrête?
Roche se frottant les mains Ce soir, réunion à ma tente. En attendant, tous à la Villaine!...
Aly scandalisée QUOI? Y a des ribaudes dans l'Ost? Je te préviens...
Roche rigolard Mais non, c'est la rivière qui coule un peu plus bas... le dernier dans l'eau est une poule mouillée!

***************
Plus tard
***************

Roche trempé et grommelant Aaaah les raclure! Arrive à sa tente nu ou presque, le corps piqueté de choses molles et brunes
Aly le suivant de près, arrachant les choses visqueuses avec les ongles Répète après moi: "Je ne me baignerai plus devant le bosquet des filles... une sangsue....... Je ne me baignerai plus devant le bosquet des filles... deux sangsues.......
Annlor revient du bosquet en rigolant, un curieux bruit de ferraille l'accompagne Aaaah mais c'est messire Pince Fesse, Il me semblait bien t'avoir vu marcher sur l'eau avec un grand cri.
Ned arrive derrière et ouvre des yeux ronds Mince, la p'tite bête va manger la grosse!
Has se moquant ouvertement du Comte Ton armure est à une place. Va falloir convaincre tes nouvelles copines d'aller voir ailleurs.

L'Ost arrivant en masse, envahissant les abords de la villede son vacarme et de son tumulte Par ici! Commencezà dresser le camp! Feuillées à distance! Et pas sous le vent comme la derniere fois!
Annlor commence à s'enerver Pas moyen! Nous voilà perdus dans la foule!
Roche se grattant le bouc On va s'écarter un peu. On est pile sur le chemin des feuillées
Has lève un index en affichant un grand sourire Et si on allait à Brest?
Milane, comptant les soldats de l'Ost d'un coté et les saucissons de l'autre On fait quoi maintenant ? Une andouille... un saucisson... deux andouilles... deux saucissons....
Jizz J'AIFAIM !

hasdrupal a écrit:
Acte II Scène 2 Disette et noms de guerre

atines - Campement du Siliure, devant Rieux Assiégée

Jizz J'AI FAIM ! J'AI FAIM! J'AI FAIM J'AI FAIM J'AI FAIM!!! Ouvre son grand sac où est rangée sa batterie de cuisine, plonge la tête et hurle EELAN !
Eelan Invisible dans le sac,dort Rrrrrrrr Ffllllllll Rrrrrrrr Fffllllll ...
Jizz Rouge et éclairs sortant des yeux A MANGER! Mutinerie! Qu'on pende les chefs !
Roche émerge encore endormi C'est Pâques, fin du Carême! Allez vous trouver de quoi faire taire cette furie!
Milane Sort de sa tente comme un diable de sa boîte Champipis! Qui n'en veut? On part à la cueillette?
Brad, Ned et Annlor d'une voix Moi! Oui! Oui!
Has grogne Mais j'y connais rien moi, en champignons. Z'êtes sûres?
Ned d'un ton docte J'ai fait suffisamment d'études. Faut qu'il soit bien droit, pas trop pâle, avec une bonne tête, et s'il a des vers, c'est qu'il est trop vieux. Tu y mets un bon coup su'l'chapeau, et tu ramasses ce qui tombe.
Milane air ravi Je crois que j'ai tout compris.
Has pas convaincu Savez vous que l' Eglise réprouve la consommation de champipis? Parait que c'est l'Diab' qui les sème.
Annlor l'air d'une gamine qui prépare une bonne blague On se fera pas prendre! On n'a qu'à prendre des noms d'artistes comme les saltimbanques. De Rien!
Ned excitée et montrant un gros bâton plombé Merci! De Fol!
Has toujours ronchon Ca c'est sûr! Z'êtes complètement siphonnées!
Milane rabrouant Has en riant Oh fais pas ton vieux grognon. La Trépaneuse!
Rasp émettant un long discours, une fois n'est pas coutume Pffffttt !! Marchera jamais!
De Rien s'essuyant le visage Toi, je sais! Postillon!
Roche sortant en tenant Aly par la taille Et mon épouse qui trépigne de vous rejoindre? Vous accompagnerez bien Comtesse Trois Pommes? Lui pince les fesses.
3 Pommes fronce les sourcils en souriant Je garderai le Siliure pour mon usage personnel mais je vous laisse généreusement le Comte Pince Fesse
Milane voyant Jizz revêtir une bure de moine Et toi?
Jizz maussade, entre deux gargouillis affamés Moi, y a des chances que l'Eglise ne me pardonne pas ma dernière retraite. Le Monastère s'est vidé depuis. Il parait qu'ils sont tous partis évangéliser les Inuits, en rendant grâce pour l'isolement et l'éloignement. Me demande de quoi ils voulaient parler.
Milane souriant de toutes ses dents Moinillonne!
Has un tantinet jaloux Et moi?
Jizz saisissant l'occasion de se venger sur un innocent Toi? Grognon ou Grincheux seraient trop évidents! Le Vieux! Ca fait impotent et tu inspireras confiance! Sinon, Prostate est bien aussi!
Has furieux Je prends le Vieux! Regard infanticide à sa rejetonne
Brad un peu étonnée Tout ça pour aller aux champignons?
De Rien, De Fol, Trépaneuse et Le Vieux ensembles Et il nous manquait Condé pour surveiller qu'on ne fasse pas de bêtise!

hasdrupal a écrit:
Acte II Scène 3 Cueillette - Cloche - Poissons pas en chocolat

De Rien = Annlor
De Fol= Dame Ned
Pince fesses = Rochegarde
3 Pommes = Alchior
La Condé= Bradbury
Le vieux = Hasdrupal
La trépaneuse=Milane
Moinillonne=Jizz
Néopolion = Breton, marchand de son état, grand amateur de poisson et de miches


Nuit - Campement du Siliure - puis vers Vannes

e Rien barbouillée de suie, laissant sa blonde chevelure briller avec encore plus d'éclat sous la lune Chuttt! Clong! Rha maudite culotte!
Pince Fesse de l'intérieur de sa tente, la bouche pleine Je n'entends rien, je ne vois rien, dors profondément. Faites moi une bonne omelette au retour.
3 Pommes surprise dehors avec les autres Flute! Il s'est relevé pour grignoter. Je rentre le bercer.
De Fol avec conviction Il a rien entendu! Il l'a dit lui même!
Trépaneuse Excitée Allez on se bouge! Direction Vannes!
Le Vieux traînant toujours les pieds Ah! C'est vers Brest ça?......
Condé sceptique Pour quoi faire le bâton plombé?
De Fol professorale Pour écarter les broussailles!
Trépaneuse espiègle Et les importuns!
De Rien un brin rêveuse Aaaah si mon cher et tendre était là...
Trépaneuse Des Mouches? Il écrabouillerait tout avec sa masse...
De Rien agacée Oui mais il m'enlèverait cette bon sang de casserole que j'ai sur les fesses.
De Fol en arrêt Chuuttt En voilà un beau, cachez vous!
Condé de plus en plus étonnée Pour un champignon?
Trépaneuse une main sur la bouche de Condé l'attire dans un fourré.

********
Plus tard
********

De Fol assise sur Neopolion -contrebandier breton- assomméHé... z'entendez? C'est Pâques !!!
Neopolion se réveillant à demi Aaaah ... les cloches... Une... deux...
"KLONG"
De Fol inspectant si son baton plombé n'a pas souffertOui, c'est Pâques, allez, gros dodo maintenant
Trépaneuse, humant le fumet s'échappant de la carrioleMmmmmh ça rappelle le pays... en plus fort!
Le Vieux reniflant avec suspicionBeaucoup plus fort! On serait pas sous le vent des feuillées encore?

hasdrupal a écrit:
ntr' acte
Menuet, le rythme est rapide et les artistes sautillants.
Fantaisie dansée sur jigue enlevée

L'Arbre, Le Goupil, Moinillonne et Le vieux

L'Arbre entre en faisant tournoyer la Moinillonne dans ses branches, la soulevant du sol. Le Vieux entre en faisant de tout petits entrechats comme s'il voulait se déplacer sans bouger les jambes. Puis il se tapit à croupetons.
Entre le Goupil, petits sauts de pied à l'image du pas de manège des chevaux.
Le Vieux prend une pose dramatique et cache une énorme plommée dans son dos.
L'Arbre fait tournoyer si fort la Moinillonne qu'elle lui échappe et va se loger dans les bras du Goupil. Ce dernier interrompt son pas, Moinillonne tourbillonnant autour de lui avant de s'allonger au sol.
Le Vieux bondit dans un joli saut de pied, et fait tournoyer à son tour le Goupil de plus en plus vite.
Le Goupil finit par s'étaler au sol.
Vieux et Moinillonne se chamaillent pour la plommée, chacun à son tour tirant l'autre à lui. La plommée tombe, les deux continuent.

Pendant ce temps, le Goupil se relève, s'empare de l'arme.
Saut avec coup de pied à la lune pour surgir entre les deux phénomènes, menace de coup, fuite, poursuite...

Sortie des danseurs.
Rideau

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Rasp Saincte-Merveille
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Lun 22 Oct - 22:22

hasdrupal a écrit:
Acte III scène 1 Tous à Rohan ou Le retour de Des Mouches 11 avril

De Rien = Annlor
Le vieux = Hasdrupal
Pince fesses = Rochegarde
Moinillonne=Jizz
3 Pommes = Alchior
Des Mouches= Haigwepa
De Fol= Dame Ned
La trépaneuse=Milane

ur la route, chevauchant en silence... ou presque. Vêpres.

De Rien très agacée Rhaaa on pue! Mais il est passé où celui là encore? Des Mouches! Mon Poilu!
Le vieux la bouche pleine d'un quignon de pain-sson Mouiche! Gn'ai vu. Il partaiche en promenage. Gn'avait gnes gros cailloux à voir. Gn'a dit qui gnous rattrapferait...
De Rien sans commentaire Grrrrrrrr
Pince Fesse l'index devant la bouche se retourne Chttt !!! On arrive à Rohan. Tous, pied à terre, on n'est pas attendus. Ils nous croient encore a Vannes! Ce soir on mange en taverne.
Moinillonne s'attirant les foudres de Pince Fesse [/b]ENFIN![/b]
Le vieux inquiet Sont où les autres? Pourquoi on va pas à Brest? C'est qui l'âne qui nous commande? Il est mort le Capitaine? Il reste du saucisson?
3 Pommes sur un ton monocorde et las Loin! Parce que! Juliani! Non! Oui! Et maintenant tais toi!
Tous se tapissent dans l'ombre attendant que la nuit soit épaisse.
[color:46bd=#1155DD:46bd]Des Mouches les mains dans le dos et un brin d'herbe entre les dents Coucou? Youhou?
Zaza somnolente Zzzzzzzzzzzzz
Des Mouches presque timide Hohé? J'ai trouvé plein de grosses pierres rigolotes. Mais tout en bazar... J'ai fait un bel alignement.... Du plus gros au plus petit. Y a que ça que j'aime dans l'armée... bien aligné, comme une équipe de soule.
Surgissent Trépaneuse, De Rien, De Fol et 3 Pommes qui ceinturent, baillonnent, clouent au sol Des Mouches et s'assoient sur son dos.
Des Mouches malgré son bâillon Qu'heh' qu'un heut h'ehpliquer??
Pince Fesse profitant de la perplexité des bretons sur les remparts A L'ASSAUT! Le Jambon est à l'intérieur! Qui a faim vaincra!

hasdrupal a écrit:
Acte III Scène 2 Rohan Ville prise

Pince fesses = Rochegarde
3 Pommes = Alchior
Le vieux = Hasdrupal
La trépaneuse=Milane


ierce, en ville occupée

Le Vieux l'air épanoui Z'avez vu? Y a des piloris à tous les coins de rues, des cages pendues devant la maison du Bourgmestre, des oreilles taillées en pointes....
Les Ysengrins sont en ville !

Trépaneuse un peu dégoutée Oui. Je connaissais l'humour particulier du Vicomte. Mais je vois que Kervin mérite son surnom de "Monsieur D'accord"
Le Vieux anxieux L'est où not' prisonnière?
Trépaneuse feignant l'ignorance Dame Puce? Sais pas, tu ne devais pas la garder?
Le Vieux bougon, pour changer Alors voilà! On trouve un souterrain de contrebande, on se mouille, on pue, on manque s'étriper dans un tripot et on est bredouille?
Trépaneuse amusée C'est la Reyne des Galettes paraît-il. Tiens! V'là not' Pince Fesse qui se fait décorer!
Pince Fesse grand sourire Mes amis, je tape dans le dos du Grand Maistre de France. Z'avez vu la breloque? Sur le ton de la confidence L'est un peu perdu le Di Juliani... Depuis que son fiston s'est fait dévaster la trogne par les Ysengrins, il lui a déconseillé de persister à se faire appeler "Puissant"! Les Ysengrins en étaient tout confus. Pour qu'ils le soient c'est qu'ils ont du mettre du coeur à l'ouvrage... Hilare ... avant de se rendre compte de leur méprise!!! Du coup Kervin a aussi une breloque!!! Le longues Oreilles!!! Breloqué! A son épouse Trois Pommes! Ma douce sirène! Je n'ai plus un écu!
Trois Pommes de loin, belle voix propre à arracher les pavois! BIN METS TA BRELOQUE AU CLOU! Non mais j'vous jure... Plissant le nez Dites ça sent pas la galette brûlée dans le coin?

hasdrupal a écrit:
Acte III Scène 3 Les Brioches aux Huîtres

Moinillonne=Jizz
Maréchère=Eilella
Pestouille=Assya

oute de Saint Brieuc Complies


Moinillonne sur la Charre-à-Vannes, d'une voix précipitée On va aux Champipis!! On va aux Champipis!!
Eilella un brin suffisante C'est pas avec ce minois palôt que tu vas faire grand chose
Moinillonne agacée Si tu crois qu'on peut se pomponner ici... J'ai passé la soirée à surveiller les rations, à faire la distribution, à courir après les voleurs...
Eilella lui pince fortement les joues Voilà Soeurette, de bonnes joues bien roses!
Moinillonne roulant dans la charette en entrainant sa soeur RHAAAAAAAAA!!! Tu vas voir, saleté!
Assya arrivant à hauteur, sur son destrier Arretez bon sang! Tenez vous un peu! On dirait deux chiffonnières prises de boisson!
Moinillonne et Eilella d'une même voixMais Pestouille! C'est elle qui a commencé...
Pestouille suffoquée Pestouille? PESTOUILLE ? Qu'est- ce que ça veut dire?
Eilella remettant de l'ordre dans sa chevelure apocalyptique C'est Has... euh le Vieux. Il a dit "Pas de nom!" Que des noms de guerre.
Moinillonne se tapotant les joues rubicondesOn suit les consignes. Tu es "Pestouille" et Eila est....
Eilella méfiante oui?
Moinillonne triomphale Maréchère ! IIIIIIIIIIIH !!!! se débattant quand sa soeur lui vole dans les plumes sous le regard attéré de Pestouille
Pestouille On va la perdre cette guerre....

hasdrupal a écrit:
Acte III Scène 4 Ecumeurs et Moissonneurs: la belle occasion manquée!

Le vieux = Hasdrupal
Moinillonne=Jizz
Coucou=Cuculus (rôle muet)

ne petite plage non loin de Saint Brieuc, entre chien et loup

Le Vieux furieux, marchant dans le sable Petite ingrate! Je t'emmène à une à une négociation au sommet, une entrevue vitaleavec une sommité de notre métier, et mademoiselle baille aux corneilles en ouvrant des yeux ronds!!!
Moinillonne trainant des pieds derrière le Vieux, regard par en dessous Réunion au sommet! Tu parles! Il a dit quelquechose le Coucou? Nenni! Il s'est trémoussé devant nous, nu comme un ver!
Le Vieux se retournant Un peu de respect. Il a l'experience et les effectifs
Moinillonne égrillarde Mais pas de braie! Et daguelette tout à fait normale à ce que j'ai vu!
Le Vieux s'étranglant à moitié Aaargh! Qu'en sais-tu? Misérable rejetonne de bacchanales endiablées!!!!
Moinillonne perdant patience... Ton chef de guerre va partir la queue entre les jambes, nous laissant les brioches bien au chaud dans le four! Alors qu'on pouvait au moins essayer!!!
Le Vieux gagné à la raison Tu dis vrai ma fille! Nous avons laissé passer l'occasion. Rêveur Pourtant, quelle belle chevauchée! Pince Fesse! Le Coucou! Le Vieux Leu!!!... Nous étions en bien belle compagnie tu sais....

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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Lun 22 Oct - 22:24

hasdrupal a écrit:
Acte IV Scène 1

Le vieux = Hasdrupal
La Trépaneuse=Milane
Pouce-Vert= Titou


a Taverne des Françoys - Rieux 19 avril

Pouce Vert ses deux poings sur la table, voix grondante Has, tu vas faire ce qu'on te dit! C'est comme ça! C'est l'armée!
Le Vieux un peu tassé mais front barré d'un pli buté Grotesque! Aller s'enterrer sur les routes en esperant devenir invisible. Une armée entière! Espapatouillant! Utopique! Délire d'aliénés!
Pouce Vert se bouchant les oreilles Rien! J'entends rien! J'entends rien de rien! Chantant a tue tête TRALALALALEREUH ! Brusquement Tu feras ce qu'on te dit de faire!
Le Vieux imitant son Gouverneur Rien! TRALALALEREUH! J'entends rien! Rien de rien!
Dehors, un appel de buccin et des roulements de tambours signalent que les troupes se mettent en branle

Pouce Vert et le Vieux hurlant à tue tête, les mains sur les oreilles Je ne veux rien savoir!!! RIEN ENTENDU!
Pouce Vert Tu suivras les ordres!
Le Vieux L'Etat Major est un repaire de Trépanés pris de boissons!!!

****************************
Plus tard
****************************

Les buccins et tambours d'éloignent, les troupes ont quitté la ville.
Pouce Vert débouchant ses oreilles Bon! Si tu ne le fais pas, c'est à moi que tu vas porter tort...
Le Vieux faisant de même A toi? Ils seraient assez crétins pour te faire porter le Chapel?
Pouce Vert Arrête ces coups de gueule. Ca ne sert à rien! Alors tu réintègres la Lance et on verra plus tard...
Le Vieux marmonnant dans sa barbe Bon! Je ne veux pas que tu aies de problème...
Pouce Vert l'air satisfait! Bon Diou! Allez, on y va? Regarde par la fenêtre et contemple la place.... déserte. Ah le con!
Le Vieux haussant les sourcils Un problème?
Pouce Vert Plutôt Oui! Un con qui a oublié de partir avec les troupes...
Le Vieux rigolard Sans blague! Qui donc?
Pouce Vert se retournant vers le Vieux, un sourire blasé sur le visage Moi!
Le Vieux commençant à s'étrangler de rire.... change tout à coup d'expression, devient livide... Bordel! Moi aussi! Je devais rejoindre De Rien!
Les deux se plient de rire, la porte de la taverne s'ouvre sur Trépaneuse, moue boudeuse et cheveux en bataille
[color:4a2a=darkblue:4a2a]Trépaneuse surprise Qu'est ce que vous fichez ici? La Compagnie est partie depuis lulure!
Les deux riant aux larmes Et toi?...
Trépaneuse tapant du pied Le premier qui ajoute quelquechose je le trépane façon puzzle!!!

hasdrupal a écrit:
EPILOGUE

n peu au sud de Rennes

Has, écoutant les ordres du campement, On rentre? C'est fini ?
Milane arrivant derrière lui, En fait ça n'a jamais commencé.
Has, sourire torve au coin de la bouche, C'est pas faux! se masse le cocard de l'oeil gauche, Sauf quand j'ai ramené Assya de Fougères. Là, crois moi, c'était bien la guerre!

Milane, levant les yeux au ciel, T'en fais des histoires! Va falloir que je cause à Assya , elle vise mieux que moi
Has, désabusé, J'avais quelques illusions à propos de concepts utopiques comme la douceur, l'affabilité. Vite dissipées! Sort sa cordelette à noeud coulant, commence à la faire tournoyer autour de son doigt.
Milane, connaissant le manège, Qu'est ce qui te turlupine?
Has, absorbé, Oh le vilain mot! La gueguerre contre les bretons va sembler une vaste mascarade à coté de ce qu'il se prépare... Prend un trognon de pomme trouvé dans sa poche et commence l'execution.
Milane, levant vaguement un sourcil, C'est qui cette fois?
Has, mauvais, Dege! Capitaine félon! Laisser le Comte sans escorte aux mains des bretons! Traîtrise!!! Tribunal d' Exception!!! Exécution !!! Heureusement que la vie amène des petites satisfactions.
Milane, exécutant un atémi sur l'épaule du Vieux, KÏAÏ ! Tiens! Avant de te mutiner, commence par démissionner. Et je te rappelle que tu n'es plus qu'un simple sujet, pas le Père Pilori!
Has, rictus méchant, Pilori un jour, Pilori toujours! Songeur, pas mal comme maxime.
Milane, impatiente, En route! La lance du Siliure nous attend a Rieux!
Has, s'adressant au trognon pendu, L'aurait mieux valu ne rien faire....

hasdrupal a écrit:
EPILOGUE

n peu au sud de Rennes

Has, écoutant les ordres du campement, On rentre? C'est fini ?
Milane arrivant derrière lui, En fait ça n'a jamais commencé.
Has, sourire torve au coin de la bouche, C'est pas faux! se masse le cocard de l'oeil gauche, Sauf quand j'ai ramené Assya de Fougères. Là, crois moi, c'était bien la guerre!

Milane, levant les yeux au ciel, T'en fais des histoires! Va falloir que je cause à Assya , elle vise mieux que moi
Has, désabusé, J'avais quelques illusions à propos de concepts utopiques comme la douceur, l'affabilité. Vite dissipées! Sort sa cordelette à noeud coulant, commence à la faire tournoyer autour de son doigt.
Milane, connaissant le manège, Qu'est ce qui te turlupine?
Has, absorbé, Oh le vilain mot! La gueguerre contre les bretons va sembler une vaste mascarade à coté de ce qu'il se prépare... Prend un trognon de pomme trouvé dans sa poche et commence l'execution.
Milane, levant vaguement un sourcil, C'est qui cette fois?
Has, mauvais, Dege! Capitaine félon! Laisser le Comte sans escorte aux mains des bretons! Traîtrise!!! Tribunal d' Exception!!! Exécution !!! Heureusement que la vie amène des petites satisfactions.
Milane, exécutant un atémi sur l'épaule du Vieux, KÏAÏ ! Tiens! Avant de te mutiner, commence par démissionner. Et je te rappelle que tu n'es plus qu'un simple sujet, pas le Père Pilori!
Has, rictus méchant, Pilori un jour, Pilori toujours! Songeur, pas mal comme maxime.
Milane, impatiente, En route! La lance du Siliure nous attend a Rieux!
Has, s'adressant au trognon pendu, L'aurait mieux valu ne rien faire....

Balrog a écrit:
Maintenant que la saga est terminée, je me permets de mettre un petit mot. Un grand bravo à vous Hasdrupal. C'était une belle épopée (mais si je me suis un peu abimé les yeux à cause des couleurs), digne de l'Enéide.

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Rasp Saincte-Merveille
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Lun 22 Oct - 22:28

hasdrupal a écrit:
ALLEGORIE "La cité des Freux"

Il est droit sur son destrier, fonçant à bride abattue sur la lande désolée qui s'etend à perte de vue. Vent dans les cheveux, yeux plissés et lèvres serrées, le cavalier et sa monture vont d'un même mouvement, soulevant poussière et motte de terre meuble sous les sabots fracassants du destrier.
Le ciel, changeant peut être celui du couchant ou du levant, l'air est jeune chargé des fortes senteurs de la lande. Les poumons de l'homme s'en emplissent avidement, ceux du cheval de guerre font un bruit puissant.

Il n'est pas jeune, pourtant ses yeux sont juvéniles, il n'est pas solidement charpenté mais ses muscles sont raidis et montrent de la force, il n'a pas l'air d'un guerrier mais chevauche sur un rythme de charge. Il a l'air seul mais regarde sur ses flancs comme s'il était accompagné.

Et il l'est!

Une femme, menant un impetueux destrier arrive à sa hauteur. Sa chevelure blond vénitien vole follement autour de sa tête, elle n'en a cure, elle chevauche à sa guise, et cela veut dire ici, à ses cotés... on verra plus tard.
De l'autre bord, un homme sombre, de jais, oeil cheveux et poil, jusqu'à l'humeur qui soit assortie à la robe du cheval. Il a l'oeil des grands tourments, de ceux qui font faire des grandes embardées, mais sa ligne est droite au coté de son frère... pour le moment.


hasdrupal a écrit:
Le tonnerre des sabots s'est tu. Ils cheminent au pas, tenant leurs montures par la bride. Ils ont gardé leur prestance altière et leurs yeux avides fouillent l'horizon.
Deux silhouettes s'y découpent, approchant dans la lumière violette et pourpre du crépuscule. Elles sont jeunes, jolies, gaies et n'ont peur de rien. Pourtant les corbeaux, encore rares, font entendre leur lugubre chant et signalent, par leur vol en nuages clairsemés la chute d'une bête, ou d'un voyageur.
Mais qu'importent les freux de mauvais augure, elles prennent place a leurs côtés.

A eux cinq, ils se sentent encore plus forts et intrépides. De loin en loin, ils croisent d'autres chevaucheurs, seuls ou en couples, plus rarement en groupes. On les regarde, on s'écarte sur leur passage. On fait parfois un bout de route ensemble.

Au loin une bourgade sort de la terre pulvurélente. Le calme relatif, l'occasion de reprendre haleine et de scruter ce qui se trouve plus loin.
On dit qu'un vieux renard vit dans les bois environnants. Un animal que personne n'a pu attraper ou tuer. On le voit rarement, il fuit les corbeaux qui commencent à se rassembler sur les branches, par petits groupes. Eux attendent, font mine d'attaquer bêtes et hommes, provocant colère et impatience.

On leur parle de la forêt qui masque l'horizon devant eux. Il faut y prendre garde car elle est dangereuse. Certains s'y sont perdus, n'en sont ressortis que longtemps apres, amers, blessés, n'ayant qu'une hâte: retrouver le sommeil calme de la bourgade, loin des cris des animaux nocturnes ou des appels sinistres des engoulevents. Ou bien ils vont rejoindre quelques lieux cloitrés dont ils ne sortent plus, ne supportant plus les grands espaces.

Ceux là ont perdu de vue ce que la forêt cache derrière elle. Un horizon quasi vierge, une nouvelle lande où tout peut arriver.
Le Renard vit en lisière de la forêt, jamais il ne s'y perd, toujours en ressort-il avec quelque proie. C'est un sage.
...

hasdrupal a écrit:
La Forêt

Les préparatifs sont allés bon train. Un homme au sourire franc a accepté de les guider dans l'entrelac des pistes de la forêt. ils seront 12. on ne déroge pas à cette règle tacite.
L'homme entre deux âges a le regard brillant d'excitation. Il piaffe et bronche dès que son regard se pose sur l'imposante masse vert sombre. Leur guide connaît ce regard, ce feu pétillant et jeune. il sait aussi que la flambée est brève, intense et qu'elle dévore le bois de l'âme pour ne laisser que des braises mourantes si on la laisse faire.
Les deux jeunes femmes n'ont pas posé les yeux sur la forêt. Leurs flammes sont pour d'autres incendies, ceux du coeur. Il y a là aussi beaucoup de force, une farouche détermination, un grand vent chaud qui attise le brasier.
En route.
Les premiers sous bois sont clairs, merveilleuse cathédrale de verdure aux piliers sombres, à la voûte émeraude, laissant filtrer les rais du soleil comme autant de vitraux chatoyants. Fantastique sensation de se sentir dans le ventre du monde, là où tout est en gestation.
Allure calme et prudente, car ils sont épiés, surveillés. Des yeux par centaines sont aux aguets.

Un loup, vénérable et noble, les accompagne un moment, précédent sa meute qui reste en retrait. Il les hume, sa proie est ailleurs, audelà de la forêt qu'il traverse pour suivre la piste alléchante.
D'autres rencontres ont lieu, tous savent qu'un orage encore lointain approche, porté par les rafales d'un violent vent du nord.
Les corbeaux ont déserté les lieux. Eux aussi ont senti l'orage et se taisent. Non par crainte, ils en ont trop ou n'en ont aucune, ni par respect des voyageurs qui vont à sa rencontre, ils n'ont pas de mot pour cela. Mais le volatile ne se risque pas dans les turbulences de l'air quand l'orage tonne et que la foudre s'abat. Et leurs ventres affamés ont cette curieuse préscience qu'ils seront sous peu repus.

Le sous bois a laissé la place à la forêt primitive, la progression est de moins en moins aisée. Le loup a perdu sa piste. Il file de son coté, disparait dans son monde glorieux de chasse et de vagabondage. Droit sur l'orage à venir.
Enfin la lueur vive des cieux perce de nouveau les frondaisons viridiennes. Les indescriptibles amas de fougères ou de ronces exubérantes reprennent les proportions modestes des sous bois fréquemment arpentés. Lorsqu'ils débouchent de la lisière, le choc de la lande immense et vide devant eux est violent. Ils pensent même un instant regagner le couvert des arbres.
Mais la voûte basse des nuages noirs, les éclairs qui éclatent derrière l'horizon et le rendent si mystérieux, éperonnent leurs montures qui se ruent au grand galop, suivant deux points vifs, un gris et un roux, qui les précèdent.
Le Loup et le Renard tracent la route.
Derrière les chevaucheurs, les masses sombres des freux tournent au dessus de la forêt opaque. Les noires cohortes se regroupent, envoyant leurs sinistres détachements vers le festin à venir.


hasdrupal a écrit:
L'Orage

Sitôt dans la lande désolée, l'orage s'est précipité sur la troupe. Pourtant, loin du cataclysme que les éblouissants éclairs laissaient présager, il n'y eut qu'une morne pluie froide, qui détrempa brusquement la terre devenue boue, entravant la chevauchée de seigneurs du groupe solitaire. Haltes mornes auprès d'un feu toujours trop faible et crachotant, pluie glaciale qui tombe en rideau gris, masquant les reliefs déjà peu saillants du paysage....

Loin des éléments déchainés qu'il y aurait eu quelque héroïsme à défier, les cavaliers sont empêtrés dans la boue collante, pathétiques chevaucheurs que seule leur prestance sauve du mortel ridicule.
Ce n'est pas la foudre qu'ils affrontent, c'est la pesanteur encombrante de leurs vesture imbibée.
Ce n'est pas le vent violent qu'il faut braver, c'est une bise fraiche et permanente qui les glace jusqu'aux os.
Ce n'est pas la grêle ou le tonnerre qui gronde, c'est le bruit humide et mou des sabots s'extrayant de la boue vorace.

Mais l'horizon est promesse de changement. Plus loin, il faut continuer, faire de nouvelles rencontres.
Explorer de nouvelles frontières. et peut être l'herbe y est elle plus verte?

Sinistre augure, ils ont rattrapé loup et goupil, faméliques, poil collé, pattes endolories. les deux esprits de la lande échangent avec eux un regard tragique. La chasse s'achèvera bientôt pour eux et, plus que cet orage de pacotille, cette rencontre plonge le groupe dans une tristesse poignante qui les fait douter un instant du succès de leur entreprise.

Tout en crocs, yeux jaunes et pelage brillant, les deux compères brisent là et suivent une nouvelle piste en hurlant aux étoiles pour un dernier baroud.


Carpe Jugulem
Ose et Rit

hasdrupal a écrit:
Le Marais

L'orage n'en finissait plus de mourir. De ridicules vestiges de la voûte grise des nuées se trainaient lamentablement dans l'air encore chargé d'un froid humide. Le vent oublieux en effacerait bientôt le souvenir de ses rafales molles et silencieuses. puis les freux s'élèveraient de nouveau pour faire retentir dans tout le pays les appels de leurs féroces appétits.

Voici les joncs courbés, pieds dans l'eau, qui se massent en gerbes ondoyantes sur le marais spongieux. Les voyageurs sont encore vaillants, épuisés mais résolus. Leurs échines ploient mais leurs yeux sont vifs, les épaules tombent de lassitude mais les mains sont crispées.
Ils se sont engagés dans le marais sans même s'en rendre compte car au loin, très loin comme au bord du monde, s'élève l'objet de leur périple. La silhouette fantômatique de cyclopéennes murailles transparaît telle un mirage tremblotant, en lisière de l'univers réel. Bizarrement, ils ne prennent conscience que maintenant de l'éloignement de leur destination.

Les rangs se relâchent et ils cheminent maintenant en ordre dispersé.

La langueur mélancolique du Marais les pénètre plus profondément que la bruine ne le fît. S'ils sont maintenant séchés par les rayons d'un soleil blafard, ils sont néanmoins engourdis par le rythme hypnotique des joncs oscillants. Il faut briser le silence sous peine de se dissoudre dans la mortifère lagune, de perdre son humanité.
Ils parlent, plus que de raison.

Lorsqu'ils embrassent d'un regard l'ensemble de la troupe, certains ont disparu, hapés, engloutis ou ayant rebroussé chemin vers la forêt qui leur semblait si menaçante autrefois, mais pleine de vie.
Eux, minces ombres sur la toile d'un peintre mélancolique, continuent, au milieu de nulle part.

Les choucas encore prudents font leur réapparition....

Le grand Loup gris gît là, aux cotés du fin Renard, à bout de forces, allongés sur le côté, les flancs creusés, le poitrail se soulevant avec peine. La gueule rouge du grand chasseur s'est refermée sur un dernier volatile, trop hardi ou trop avide. Son regard brûlant est tourné vers la muraille de l'horizon, maintenant hors de sa portée.
Puis ses flancs s'affaissent une dernière fois, comme une grand voile qu'on amène. Le souffle de vie le quitte, comme à regret.

Le silence retombe, c'est la Mort qui prend sa dîme.

La rage s'empare des hommes et femmes qui ont essayé de suivre ces nobles chasseurs. Depuis si longtemps ils ouvraient la marche qu'on en oubliait leurs effort et leur fatigue.
Amère culpabilité qui noie la gorge comme un flux de bile. Revanche!

hasdrupal a écrit:
Dernière Veillée

Lorsque le premier sabot regagne la terre ferme, le destrier bronche de soulagement et s'extirpe avec une vigieur retrouvée du piège marécageux. Chaque cavalier pousse une exclamation longtemps contenue, flatte l'encolure de sa monture, pousse des éperons. Oubliée l'écrasante fatigue, on se dégourdit les membres en poussant l'allure et les poumons s'emplissent d'un air exempt des miasmes de la putréfaction.

Le soir tombe, les senteurs de bruyère portées par une douce brise les enveloppent alors qu'ils font leur halte pour la nuit.
Ici et là, d'autres feux apparaissent dans les ténèbres et certains voyageurs vont de l'un à l'autre, curieux échange de salutations pour ces habitués des longues chevauchées solitaires. Mais ces quelques paroles qui brisent le silence leur suffisent pour garder conscience de leur humanité.
La petite troupe, venue de si loin, sent le terme du voyage s'approcher. ils forment un cercle autour du feu crépitant. Harrassés, ils le sont, mais leurs yeux pétillent à l'unisson des gerbes d'étincelles qui jaillissent des flammes, les dents éclatantes luisent avec un éclat sauvage. Ils puisent une nouvelle ardeur dans le cercle qu'ils forment, comme si quelque rite païen avait éveillé en eux d'antiques divinités dont la force primitive s'ecoulerait dans leurs veines.
La nuit étend son lourd dais piqueté de diamants; au loin, plus sombre que la nuit, comme rayonnant de ténèbres et intemporelle, la masse écrasante de la Cité des Freux les attend patiemment.


hasdrupal a écrit:
Et voici l'aurore aux doigts de rose qui déchire les nuées.
C'est le jour qui verra chacun d'eux face à lui même dans le défi qu'ils se sont fixés. l'un des cavaliers a sorti un fifre, et joue un air poignant, bizarre alchimie de la Joyeuse Envie de Mourir que connaissent parfois les combattants.

La bise fouette, la musique se perd dans la lande, rythmée par les sabots des chevaux, les corbeaux se sont envolés et tournoient en masses compactes au dessus d'eux. Ils réalisent alors que cette terre plate, triste et aride est un eternel champ de bataille où des héros sont déjà morts par poignées. Un frisson les glace.
Puis la musique reprend, avec des trilles sauvages et enlevées. La Joyeuse cavalcade vers l'affrontement reprend de plus belle. Leurs yeux se plissent alors que la Cité des Freux grandit, et semble les écraser.

Enfin, ils pénètrent dans son ombre gargantuesque, comme avalés par Baal! La musique est couverte par les vociférations des volatiles. Qu'importe! La mélodie est dans leur crâne.



hasdrupal a écrit:
Les murs cyclopéens se dressent devant la troupe, qui fonce bride abattue. La gigantesque porte bée comme une bouche aux crocs de metal.
Les sabost résonnent sur le pavage moussu en une cacophonie qui couvre presque la symphonie discordante des nuées ailées et il faut toute leur résolution aux cavaliers pour forcer les montures à poursuivre.

La Cour intérieure, vaste, déserte, comme un piège. Mais non, la Herse reste levée derrière eux, plongés dans l'ombre des masses désordonées et coassantes.
Il faut prendre possession des lieux, chasser la vermine emplumée.

L'homme de tête ouvre la bouche pour lancer des ordres brefs. Rien ne franchit ses levres.
Surpris, il regarde ses compagnons. A nouveau sa bouche s'ouvre, sa gorge se noue, ses tempes battent:

- CRRROOOOAK !

********* Fin *********

Il n'y a pas grand chose à comprendre, juste des humeurs personnelles au Vieux Pilori.

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Rasp Saincte-Merveille
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Lun 22 Oct - 22:32

hasdrupal a écrit:
[Limoges, cour du Chateau]

Lueur blafarde de l'aube naissante, bruit intermittent mais fracassant des sabots ferrés sur les pavements de la cour intérieur, il y a là une petite troupe aguerrie, en armes, qui attend devant le grand escalier.

Les torches mourantes s'agitent, un garde sort à leur rencontre. Il remet à celui qui semble être le chef de la troupe un étendard, celui du Comté du Limousin. La bannière a été amenée de la hampe du donjon. Le Comte quitte le Chateau.

Quelques instants plus tard, Hasdrupal et son épouse Milane sortent à leur tour et enfourchent leurs montures.


- Votre Grandeur. dit le chef de la lance, tenant fermement l'étendard.

- Mon frère. répond le Comte. Les deux hommes, barbus, regards sombres, se défient du regard. L'humeur est à la tempête bretonne entre eux. Le Comte baisse le regard. Le temps n'a pas épargné la famille.

- Je suis fier de te suivre Rasp, et tu portes bien cet étendard.
- Pfff! Arrête la pommade Ta Grandeur. Tu me courres sur le haricot. Je ne suis pas là pour te parler.


Les hommes s'agitent, il faut partir. Rasp prend la tête avec un camarade. Les pièces d'armures ont été lustrées, sauf les spallières droites, celles qui ne tiennent pas l'écu, qui sont marouflée de bleu. Le Comte porte de même et caresse de temps à autres la garde d'une épée choisie avec soin dans le trésor du Chateau. Une épée qui renferme une relique en son pommeau. Pas une relique religieuse, non, une relique familiale, un simple anneau, presque neuf car récent.
Lorsqu'ils sortent du chateau, le soleil apparait et, derriere eux on s'agite pour faire suivre les secrétaires, bagages et pages.


RASP a écrit:
[Sur la route Limousine]

Les cavaliers menés par Rasp allaient bon train, ils arriveraient à destination tard dans la nuit.

Sa colère avait laissé place à de la tristesse et de l'amertume,
sans doute était-il temps pour lui de passer le flambeau, de prendre de la distance...

Il jeta un coup d'oeil à Milane, lui adressa un sourire crispé et se détourna.

Elle ne comprenait pas son attitude, elle ne savait rien des mots qu'ils avaient eu,
ils étaient butés tous les deux, pas un ne céderait.

Au détour de la route, il aperçut la silhouette sombre du monastère
qu'il avait quitté il y avait à peine quelques jours.
Irrésistiblement attiré vers ce havre de paix, il lutta pour ne pas y mener directement sa monture
et continua son chemin en serrant les dents.

hasdrupal a écrit:
[Le Monastère "Los Cortos de Maltese"]

Ils ne sont plus loin de la destination maintenant. Les flux du commerce de la ville, les vilains qui se pressent pour le marché, commencent à se densifier sur la route. Pas d'octroi. Le Limousin est riche et n'assomme pas inutilement. Hasdrupal fait halte. Aussitôt imité par la lance qui s'interroge sur la raison de ce contretemps.

- Raspoutine, allons jusque chez les "Cortos'. Nous sommes presque arrivés et je regagne la Lance immédiatement apres.

Son cadet avait toujours été un peu plus grand et un peu plus large. Fier soldat, ombrageux gouverneur.... non gouverneur gueulard et "rougneur" comme disait la Comtesse, qui s'y connaissait pas mal en grogneries diverses et en général douloureuses. Ce n'est donc pas sans apréhension que l'aîné invitait le cadet à une étape seul à seul.

La courte trotte se fait en silence. Occasion perdue de s'expliquer mano a mano dans l'anonymat. Mais un coup de gantelet vous défigurait un visage et pouvait même tuer. Et il avait fallu un temps infini et l'aide de deux écuyers pour enfiler cette brigandine pourtant souple.
De toute façon le mur d'enceinte se profilait devant eux. Rasp remit l'étendard à son frère, déjà un moinillon venait à leur rencontre.


- Fais pas de conneries ta Grandeur! Tu me le rendras plus tard, intact!

Le Vieux se mordit les levres, ravalant un relent de bile tant le regard farouche de son frère le poignardait. Le lourd destrier broncha, fit volte face et Rasp partit au trot sous le porche du monastère.

Lorsqu'il rejoignit la lance, sa femme remarqua la mine fermée de son époux et se promit de décortiquer l'affaire, au moyen d'un coup de trépaneuse si besoin. Mais pour l'heure, l'etendard changea une fois de plus de mains et la troupe entra dans la ville animée.


hasdrupal a écrit:
Hasdrupal regarda la Comtesse sa femme s'éloigner sans se retourner. Ses paroles d'Aurevoir étaient autant de petits coups de marteau sur son coeur carapaçonné d'acier. Ce dernier mois s'était écoulé sous des signes peu propices aux Saincte Merveilles, Eilella cloitrée quelquepart, donnant peu de nouvelles, Titou plongé dans ses propres doutes, Erwan parti Aristote sait où, faire Aristote sait quoi, jusqu'à son frère qui fléchissait dans ses résolutions très peu monacales.
La Famille vacillait.
Le Vieux semblait s'etourdir au chateau, entre allées et venues à diverses réceptions, réunions de cabinet, visites aux dignitaires de l'Alliance du Centre, entrevues de courtoisie.
Ce n'est que quand Milane son épouse lui dit ces quelques mots qu'il s'aperçut du vide qu'il avait créé autour de lui. Il avait comme fermé toutes les portes et ne semblait pas entendre les coups frappés.

Elle était déjà loin quand sa voix reprit quelque force et qu'il répondit:


- Oui, je sais. Mais je t'en prie reviens moi

Puis il prit la suite de l'escorte et pensa à une grappe de pilori où il pourrait tenir tout son petit monde solidement lié autour de lui. Le ridicule de l'image ne le frappa que bien plus tard.

RASP a écrit:
Rasp cloîtré dans la cellule monacale qui lui tenait lieu de résidence momentanément revivait sans cesse ces derniers jours, ces discussions vives qu’il avait eues avec son frère, avec son cousin, Marie qui se lassait de lui jour après jour…

Dans son isolement, il ne pouvait échapper aux tourments incessants de ces pensées qui le rendaient tantôt triste, amer, tantôt en colère, prêt à en découdre avec la terre entière.

Les prières à Aristote lui semblaient bien inutiles et vaines, le recueillement une perte de temps…

Prostré, la tête dans les mains, il serrait les dents pour ne pas hurler.
Songeant à Milane, à Jizzz et à leurs instruments de torture préférés, il en venait à penser que la trépanation serait peut-être nécessaire.
Il devait avoir une pierre de folie là-haut dans le citron qui lui faussait le jugement.

Imaginant la scène, un long frisson parcourut son corps, il rejeta vite cette idée ignoble et leva la tête :


Une bonne bouteille, voilà ce qu’il lui fallait : il n’avait qu’une envie, celle de se saoûler pour faire taire ces voix nombreuses, ces reproches sans doute légitimes qui l’accablaient.

Il attendit que la nuit tombe, que les frères un à un se retirent dans leur cellule, puis il se faufila silencieusement dans les couloirs sombres, se coulant dans la pénombre comme un chat.

Arrivé près des cuisines, il stoppa net ! Des voix !

Les domestiques discutaient allègrement, commentant les nouvelles glanées auprès de voyageurs de passage.


« paraitrait qu’va y avoir du vilain ces jours, l’époque est troublée qu’y disent ! »
« y a l’armée qu’est en manœuvre dans l’coin ! y r’crutent à tour de bras ! »
« zavez vu l’nouveau qu’est arrivé ? l’gouverneur d’Ventadour qu’c’était y parait ! parti du jour au lend’main ! l’avait b’soin d’réfléchir qu’y dit…»
« pfff réfléchir !! l’a les foies oui ! une chiffe molle ! bin si c’est ça not’ armée, on n’est pas sortis d’l’auberge ! »

Rasp serrait les poings, livide de rage.
Lentement il se détourna, et commença à courir.
Il avait suffisamment médité et prié pour toute une vie ! Il n’était plus gouverneur, mais restait soldat, l’armée avait encore besoin de lui.

Il alla récupérer ses affaires dans sa cellule et sans un regard en arrière se dirigea vers les écuries.

Les portes du monastère étaient fermées, mais il se faisait fort de convaincre le moine de garde de le laisser partir dût-il employer la force…

Quelques instants plus tard, un cavalier solitaire s’enfonçait dans la nuit, suivant le chemin que son frère avait parcouru quelques jours plus tôt…

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Rasp Saincte-Merveille
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Mar 23 Oct - 19:58

Antimoine a écrit:
[Derrière la maisonnée(transposition)]
La charrette cahotait derrière l’âne, menée mollement par le moine décrépit qui rôdait parfois dans les environs. Une simple bâche recouvrait ce qui semblait bien être un corps étendu.
Enfin !
La bâtisse, la porte, le heurtoir.
Le moine chafouin frappa à la porte d’un coup sec.

Qui va là !
Le pape ! d’un ton peu aimable. La porte s’ ouvrit en grand. Le moine miteux leva les yeux au ciel.
J’ t embaucherai pas pour un sous.
Bon j’ ai qu’que chose pour vous.
Lui montrant la charrette derrière son dos.
Le garde s’approcha et souleva la bâche.
Une femme était allongée, pas bien grande et plus bien jeune, qui semblait dormir. Un léger sourire adoucissait son visage. Son vieux cœur avait cessé de battre. Ainsi se termina la vie de Milane, sans bruit. Ah juste une dernière chose :
Si elle avait pu, elle aurait aimé lui dire que grâce à lui elle eut une vie riche et merveilleuse. Que de lui avoir donné une famille adorable lui avait permis de vivre quelques années de plus et puis elle aurait aimé lui dire dans un dernier éclat de rire:

Mon Merveilleux , pense à prendre ton armure lors de ton dernier voyage, on a quelques comptes à régler. Yahoooooo! (pas très académique mais qui veut dire beaucoup)
Aujourd’hui elle retrouvait ses amis disparus et c’était mieux ainsi.

[Pendant ce temps là en Berry... enfin en Touraine... bref pas loin du Limousin]
Un homme,seul, bravait les forces tourangelles


cardinal acyon a écrit:
Le cardinal Acyon relève ses jupes, enfin, sa chasuble, sa pourpre cardinalice, son machin, sa défroque. Et révèle en relevant des mollets de joueur de soule. Oui, Acyon a joué... Au pied le plus souvent. Viré parcequ'il visait des balles plus haut que terre.
Là, ce n'est pas apres une vessie de porc qu'il court.


- Petits Jocrisses! Ils l'ont laissée mourir.... Ma ptite De Là! Maudit Saincte Merveille. Elle aurait du rester dans le sillage de Pomps. Lui au moins.... Enfin quoique...

Son Eminence Acyon a les reniflements de l'adolescent pubère en plein émoi. Forcément, quand on n'en a jamais cinnu, on reste bloqué a un stade de développement assez puérile.
Acyon est brisé. Son petit coeur noir, méchant, mesquin, misanthrope, cruel parfois, saigne abondamment pour une femme maintenant disparue.

Il arrive à l'adresse. S'arrête. Ne peut plus avancer d'un pas, tremblant. Un gros garde bardé de maille qui a un linge sanguinolant sur la hure le guide. Elle est là, baignée dans un rai de soleil ami, qui la rend presque dorée dans son sommeil. Le gros Sergent a mis des fleurs, beaucoup. Lui aussi renifle. Et Acyon pleure.


- Adieu Milane De Là! renifle Je vous pleure comme un enfant, mais vous êtes dans la barbe d'Aristote pour sur, avec de belles ailes blanches, car vous êtiez déjà un ange.


hasdrupal a écrit:
Un courrier de Chateauroux arriva. Il ne trouva personne au logis de Limoges, seulement un môme un peu crotteux qui assura être au service de la famille, du moins tant qu'elle aurait écus sonnants et solides sous la dent à lui bailler pour ses irremplaçables talents.
Alors que le courrier haussait les sourcils, fort dubitatif, le môme exhiba la missive d'un air triomphant, adroitement subtilisée dans la sacoche du cavalier pendant leur bref échange. S'enfuir par les venelles etroites sous les menaces du courrier fut un jeu d'enfant pour La Filoche.

Une fois au calme, il décacheta la lettre...
Pas un écu, ça il l'aurait parié, pas une image non plus, là il fit la moue. Juste ces idiotes pattes de mouches qui, parait-il, contenait la plus grande des magies humaines: le Verbe!
Conneries de curaille tout ça! Il vit le sceau Merveilleux, et décida de porter la lettre à la fille, qui au moins ne lui donnait pas de coups dans le fondement. Le frère était terrifiant


Citation :

Ma chère famille,

Les dernières semaines ont été bien noires, à la mesure de mon bonheur d'avoir vécu avec ma Merveilleuse Famille. Je me suis insensiblement écarté de notre route commune, je n'ai vu le fossé que trop tard. J'aurais pu suivre d'autres voies mais je n'en ai pas le désir. Et faire la route seul m'est insupportable.
Je suis à Chateauroux, serein. J'ai vu Ann de Carpadant, vivante bien qu'étrangement désorientée. Je n'aurais donc pas à ramener sa dépouille en Limousin. Ce qui tombe bien car j'ai un peu de mal à tenir en selle. mauvaise grippe je pense.
Ma fille, te voici à la tête de ta propre famille, qui va bientôt s'agrandir et prospérer. Je suis fier de ma Merveille. T'élever m'a couté les yeux de la tête, je m'en suis souvent plaint, à deux doigts de te vendre à un bon bourgeois comme domestique, puis te marier à un vieux noble qui t'aurait entretenu à ma place. Almedra aurait été parfait. Mais finalement, je ne regrette pas. J'ai échoué à te faire passer ton épouvantable bouderie, mais si cela convient à ton époux...
Mon Frère, mon cher Frère, toujours prompt à me remettre sur terre, le nez dans la scure de préférence. Je maudis Mère de t'avoir fait plus robuste que moi. J'aurais aimé te rosser une fois au moins. Fais bon usage de ta force. La Comtesse a besoin de ton bras. Ne t'enferme pas dans un silence stérile. Sois fier de ton titre. C'est le tien, tu l'as dans le sang. Comme notre nom. Tu n'es pas mon frère pour rien. Et Jizz risque encore de faire quelques bêtises sans Noncle.
Eila. Tu tiens de ta mère, mis à part la coiffure evidemment. Titou est un homme comblé. Sois forte car il y a tant à faire. Et pas seulement le jardinage et les choux. Même si c'est une grande joie, je peux en témoigner. Tu nous a cruellement manqué.
Erwan, mon cousin, je te prie de me pardonner. J'ai du te paraitre bien ingrat. J'en suis contrit. Te demander ton pardon est le gage de l'obtenir, car tu es une bonne pâte. Et la famille ne serait pas complète sans toi.

Je ne saurai expliquer ce que je ne comprends pas vraiment. Mais mon histoire s'arrete ici. Notre nom aura baigné toute ma vie à vos coté. Merveilleuse.

A tous
merci.
Hasdrupal Saincte Merveille

Jizz a écrit:
[A quelques distances du château de Limoges]

Eloignées du monde défilant à la cérémonie d’allégeance à la nouvelle Comtesse du Limousin, quelques silhouettes dans l’obscurité.

Elle, furieuse et en pleurs, lit et relit avec difficultés un courrier intercepté, au ton froid et écrit par un cureton. La Filoche, cherchant à se faire discret, tels ceux qui se rendent compte qu’ils ont peut-être commis une bourde, reste la mine basse, traçant de son talon quelques formes dans la boue. C’est que ce courrier, il l’a depuis quelques jours mais ne savait trop quoi en faire… Rasp tire sur le courrier, voulant lire aussi, elle serre le courrier entre ses doigts sans se rendre compte des tentatives de son oncle, finissant par le lui laisser



Citation :
Aux proches de Dame Milane de Là,

En ces sombres jours de septembre, l’usure et la vieillure ont une fois de plus gagné sur la vie et l’espoir… C’est avec tristesse que dame Milane a été retrouvée sans vie. Nous faisons reconduire le corps de dame Milane à Limoges, espérant que ses proches ne tarderont pas…

Moinilloneusement épilé votre…

Avec rage, elle ouvrit le deuxième courrier, celui reçu durant la cérémonie, y reconnaît l’écriture minuscule de son père et lit les premiers mots avant de froisser le parchemin.

« Ma chère famille… » Quel culot.. Je ne sais même pas si c’est de nous qu’il parle…

Après un moment d’hésitation, elle rouvrit le courrier. Autant savoir ce qu’il en était. Elle lu rapidement le courrier, premier contact depuis des mois… Ann ? Une autre de ses maîtresses sans doute ? Décidément, elle en apprendrait tous les jours…

Elle termina sa lecture, se radoucissant au fur et à mesure… Se demandant si le fait d’avoir un tel poison avec son père était une consolation suffisante pour les blessures qu’il lui avait faite ces derniers mois. Songeant qu’elle ne lui pourrait jamais lui pardonner d’avoir abandonné Milane sur les routes et de l’avoir laissé mourir seule.


Elle lu les derniers mots avant de se retourner vers Rasp et Eelan.

Il a la grippe, je lui avais pourtant dit de manger un peu plus convenablement et de prendre son cache-nez… Ces nobles, je vous jure… Et… Milane… ? Comment va-t-on faire ? Où est le corps ?

Elle se remit subitement à pleurer. La Filoche, avec la mine penaude de l’annonciateur des mauvaises nouvelles, hésita un bref instant puis se cura soigneusement le nez. La vie continuait...

RASP a écrit:
Rasp anéanti par la nouvelle de la mort de sa barbière préférée, restait là les bras ballants, le regard perdu dans le vide... Regard qui se fixa vite sur la Filoche, hypnotisé par ces doigts noirs de crasse qui s'enfonçaient inexorablement dans les narines du gamin.

N'y tenant plus, il se pencha vers lui, lui tapa sur les mains en rugissant :


Bon sang ! Pas bientôt fini ? Si Milane te voit, elle va te…

Ecrasé soudain par ce qu’il venait de dire, il resta muet, la bouche ouverte tel le poisson moyen, tentant désespérément de rattraper ses paroles imbéciles.

Il se tourna vers Jizzzzzz, priant Aristote qu’elle ne l’ait pas entendu, et décida de prendre les choses en main.

Bien, il nous faut retrouver son corps au plus vite … elle n’aurait pas aimé finir en painviande pour les vers la Milane ! finit-il en chuchotant.

Qu’on appelle la prévôte, le Sytral,... qu’on mobilise la COLM, l’OST !

Jizz a écrit:
Aux mots de Rasp, Jizz hocha la tête, rassurée de ne pas être seule face aux événements. Elle plongea dans les bras de Rasp, en profitant pour s’essuyer nez et yeux sur son épaule.

Il y avait tant de personnes à prévenir… Eila… Has aussi… Elle grimaça, songeant qu’elle ne savait même pas où celui-ci se trouvait exactement. Ses propos avaient été des plus vagues. Puis son esprit se concentra sur les derniers mots de Rasp… Où un moinillon pouvait-il avoir l’idée de déposer un cadavre lorsqu’il n’y avait rien qui pouvait ressembler ne serait-ce qu’à une chapelle ?

Elle soupira et colla un baiser humide sur la joue de Rasp


Retrouve-là et ramène-là à Ventadour Noncle… je rentre… prévenir Eila… prévenir Has aussi… Peut-être que « ça » au moins le fera revenir…

Nouveau serrement des mâchoires à l’évocation de son père. Suivit d'un retour à Ventadour des plus brumeux, d'une nuit passée dans son lit, rue du Chat qui pêche, roulée en boule. L’état de sa robe semblait indiquer un crochet par quelques flaques boueuses. Elle retrouva l’oriflamme planté dans un buisson. Elle songea qu’il était temps d’envoyer un courrier à Has.

Un petit monticule de brouillons jetés pêle-mêle au sol, Jizz relut une dernière fois le courrier qu’elle s’apprêtait à envoyer


Citation :
Mon cher père…

Nous avons bien reçu ton courrier. Je t’envoie le cache-nez de Geogeo, ne te plains pas, c’est le seul qu’on ait et c’est déjà bien… Je te mets aussi du painsson, c’est plus consistant que ce que tu pourrais trouver sur les routes.

Peut-être es tu déjà au courant de la terrible nouvelle… ? Quoique cela te soit sans doute égal… Le corps de Milane est arrivé en Limousin. J’espère que tu auras au moins la décence de revenir pour lui rendre un dernier hommage.

Soigne cette grippe, je ne voudrais pas que tu t’effondres comme une loque avant que je n’aie le temps de te dire ce que je pense de tout cela...

Ta fille


Elle soupira, cacheta le tout et sortit dans le centre de Ventadour, l’œil mauvais, criant après un coursier en lui tendant un paquet

Tiens, débrouille toi pour trouver mon père ou son sergent Bourgogne et ne traîne pas en route ! Et bouffe pas le painsson, c’est plein d’arrêtes !

Elle tourna les talons
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Mar 23 Oct - 20:16

Jizz a écrit:
Le lac… Dernier lieu de recueillement choisi pour Milane et Has…

Longue attente. Bourgogne veille sur Has et la charrette comme s’il s’agissait d’une bouteille de précieuse prune. Impossible de s’approcher, le sergent montre les dents à chaque tentative.

Ni cogrotte ni cailloux balancés n'ont réussi à le déloger de là. En désespoir de cause, elle s'est dit qu'au moins il éloignerait les corbeaux commençant à tourner autour de la charrette.

Assise sur une souche d'arbre, elle attend, inquiète de voir arriver enfin Rasp. Et Milane…

Alcyone_ a écrit:
Non, c'était impossible... La rumeur s'amplifiait... Il paraissait que le Bourgogne beuglait à qui voulait l'entendre une bien triste nouvelle... Mais étant donné les penchants éthyliques du soudard, il valait mieux vérifier la véracité d'une telle nouvelle par soi même. Alcyone courut dans les rues de Ventadour, recherchant en vain une trace du sergent pour, dans l'ordre, confirmer la chose, le secouer pour lui faire dire les circonstances de sa disparition...
Alcyone passa devant le panneau d'affichage public. Elle sentit ses jambes se dérober sous elle... Has et Milane... Elle réprima le haut le coeur qui lui vint tant son estomac se serra à l'idée de ne plus les revoir... C'était donc vrai...

Sonnée, elle prit le chemin du lac... Le pas était lourd, sa tête, remplie de souvenirs... Péniblement, elle parvint au bord de l'étendue d'eau... Une charette, gardée par un Sergent méconnaissable. Et Jizz... Elle s'approche d'elle puis descend, tombe presque, à genoux en face d'elle. Visage décomposé, voix qui flanche... Mais que dire de plus ou moins intelligent en ces circonstances? Pas grand chose...


- Jizz, je... toutes mes condoléances... Je suis là, si tu as besoin de quoi que ce soit...

RASP a écrit:
Rasp arriva enfin au lac, tirant avec un paysan du coin une charette à bras sur laquelle Milane était étendue.

Ils avaient dû s'arrêter plusieurs fois, le corps ayant tendance à vouloir glisser : ils avaient évité de justesse la catastrophe en passant sur le pont, Milane ayant apparemment envie d'un dernier bain, peut-être soupirait-elle après quelques leçons de natation en compagnie de son Merveilleux.

Jizzz était là, en compagnie d'Alcyone. Plus loin, Bourgogne, le visage fermé, montait la garde auprès d'une charette...

Laissant là le paysan, il s'approcha de Bourgogne et regarda le corps étendu là.
Son frère...Il le contempla longuement, puis se détourna, essuyant ses yeux d'un revers de manche d'un geste rageur.

Epuisé, désespéré, il s'éloigna seul vers le lac, le regard vide...

Jizz a écrit:
Regard un peu vide tourné vers Alcy, elle lui sourit, dispersant la pile de cailloux qu’elle avait constituée à ses côté.

C’est gentil Alcy… ça me fait plaisir de te voir.

Regard tourné vers Bourgogne

J’attends Rasp… qui doit apporter le corps de Milane. Ils ne devraient plus tarder…

Quelques instants de silence, des grincements se firent entendre. La charrette à bras tanguant dangereusement entre les ornières, Rasp la mine déconfite s’approche de Bourgogne et regarde le corps de Has. Elle se lève pour rejoindre le paysan. Etrange destin qui a fait que ces deux là soient morts presque simultanément, alors qu’ils étaient si loin l’un de l’autre…

Elle regarda avec tristesse le linceul qui recouvrait le corps de Milane. Fronça le nez en songeant qu’heureusement qu’on n’était pas en plein été… Puis s’avança un peu plus vers le lac et rejoignit Rasp, là où la vue donnait sur les nageurs.


Dis moi mon oncle... tu penses qu'elle sera bien ici ?

bestbuff a écrit:
La chevauchée lui parut durer des lustres... le fessier quelque peu...non non ... rudement endommagé d'avoir fait l'aller jusqu'à Gueret sur le dos de Bouchon...il était il faut bien l'avouer dans un piètre état alors que le destrier et sa cavalière, repassaient les portes de Ventadour.

Elle maintaint le trot, afin de ne point perdre plus de temps que nécessaire, et se dirigea directement vers le lac, là où l'attendaient normalement Jizz et le corps d'Has, et avec un peu de chance Rasp était arrivé avec Milane.

C'est la mine défaite par les derniers évènements, et la fatigue du voyage que Bess laissa le cheval au pied d'un arbre, s'approcha de Jizz et Rasp, comme pour Leanice les mots étaient inutiles... elle avait de la peine elle aussi, le dire n'aurait pas alléger la leur. Elle serra d'abord Jizz dans ses bras, puis pris la main de Rasp dans les siennes, les tapotants comme pour dire quoi ? ... je suis là... j'ai de la peine ... Lui seul saurait comprendre ce qu'elle voulait dire par ce geste et c'est tout ce qui importait.

Elle revint prés des deux charettes, lançant un regard en biais à un Bourgogne méconnaissable, comme pour le mettre au défi de l'empêcher de dire un dernier au revoir à Has... Une légère caresse des doigts sur les mains parcheminées du patriarche, qui resterait à jamais pour elle le père Pilori. Enfin, elle se tourna vers Milane, mère aimante, femme piloresque, amie sincère et conseillère hors paire... comme pour Has, elle toucha délicatement la main de Milane, dernier au revoir d'une cousine pour un couple meveilleux.


Dernière édition par le Mar 23 Oct - 20:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Mar 23 Oct - 20:23

erbigaël a écrit:
Erbi arriva lentenment, Altair marchait au pas. Elle avait emmené avec elle Elysia et Alaïs. Elle descendit de son cheval puis descendit sa première fille. Elle salua tout le monde d'un geste discret et alla installer sa petite famille au pied d'un arbre séculaire. Elle restait muette, ne sachant que dire et à qui parler?

McTYLE a écrit:
Mac avait poussé le Rouan à la limite de l'épuisement pour assister à la cérémonie.

Triste, hébété.. il était attéré par cette nouvelle... Et, bien qu'il n'ait pas fréquenté Hadrupal et Milane assidument, il savait leur valeur et les respectait profondément.
Pour rien au monde il n'eut voulu manquer l'occcasion de leur rendre hommage.

Arrivant en bordure du Lac il chercha des yeux, dans la foule nombreuse rassemblée, la silhouette de sa bien-aimée. Il l'aperçut de loin, attacha Big Red à un arbre et se faufila discrètement vers elle.

Morose et silencieux, Mac ressentait une profonde tristesse, s'approchant d'Alcy, il lui prit la main et la serra avec émotion...

Il ne put adresser à Jizz qu'un regard muet, plein de compassion... les mots étaient inutiles

SIBELLA a écrit:
Sibella avait quitté l'Ost, pour raison personnelles, à Guéret en ce vendredi matin, après plusieurs jours passés dans la ville
Avant de partir du Limousin, elle voulait impérativement se rendre à Ventadour pour dire Adieu à un homme qui aura marqué le Comté et à son épouse qui elle aussi avait quitté ce monde.

Ce matin de vendredi avait des couleurs automnales. Un épais brouillard stagné sur le lac et s'accrochait à la cime des arbres aux alentours. Quelques personnes étaient déjà arrivées au lac et le chariot était près de l'eau pour la cérémonie qui s'annonçait émouvante et d'une grande tristesse.

Quand elle avait appris le décès du Comte Hasdrupal, elle ne pouvait y croire. Ils avaient passé deux mois ensembles au Conseil où après quelques craintes de début de travail d'avoir cet homme pour Comte, ils avaient oeuvré en harmonie dans une parfaite ambiance, comme le Père Pilori aimait la provoquer avec sa voix puissante.

Malheureusement, il avait quitté cette terre, ce Limousin pour lequel il avait tant pensé, étudié, travaillé durant des jours et des nuits pour être un bon Comte et avoir une région prospère et équilibrée.

Elle se souvenait de sa voix en taverne, quand elle était sergent et qu'il l'appelait "le guet", ce qui ne lui plaisait pas toujours. Mais finalement, ils aimaient bien se taquiner l'un et l'autre et c'est à celui qui aurait le dernier mot. Quel homme ! Un grand bonhomme ce Saincte Merveille.

Milane avec ses braies et ses chemises à pois, son franc parlé, son grand dévouement pour le Comté. Elle travaillait continuellement, toujours prête à aider, à renseigner. Elle aussi partait vers un autre monde, ils se retrouveraient tous les deux. Quel couple légendaire.

Sibella descendit de cheval, passa les rennes dans les étrivières et laissa son cheval brouter l'herbe humide. Elle savait qu'il ne partirait pas, l'ayant habitué ainsi.

Elle salua d'un signe de tête les différentes personnes présentes, hésitant pour l'instant à engager quelques mots, tellement l'ambiance était triste, et pesante. La douleur générale était profonde et empreinte au silence.

Elysia Rouben a écrit:
Elysia était là, au pied de l'arbre, à regarder tous ces gens venir au pieds du lac. Elle était triste oui, comme tout le monde. Triste de voir les gens pleurer, triste de sentir sa maman ne sachant trop quoi faire, triste car pour la première fois de sa vie elle faisait face à la mort. Elle était maintenant en âge de raison et avait tout à fait compris les tenants et aboutissants de se cérémonial. Bien que ne sachant pas les détails, elle savait qu'il vallait mieu ne rien dire, pour s'éviter de voir d'autres larmes surrement.

Un peu désoeuvrée, la jeune fille chercha la main de sa mère avec empressement, se rassurant un peu de cette présence famillière et chaleureuse parmis ces visages fermés et peu méconnus. Elle savait qu'elle devait être ici, même si elle ne savait pas pourquoi, mais elle ne se sentait pas à sa place...

Shiska a écrit:
Shiska arriva par le sentier qui sortait de la forêt. Un bouquet de fleurs à la main, la mine grave et le regard sombre. Aucune émotion ne pouvait filtrer derrière son masque de fer qu'il arborait alors. Enfin...pour toute personne qui lui était étrangère, c'était là le visage d'un homme dure et froid, d'un chasseur d'homme comme de bête sans état d'âme et sans remord. Pour ceux qui le connaisait cela ne constrastait que trop avec celui qu'il était depuis bien longtemps pour être honnête. Il était triste...profondément triste...

Rejoignant sa femme et ses deux filles en saluant d'un signe de tête les gens sur son chemin, il vint prendre la main de sa femme qui était libre, dépausant le bouquet à terre; et la serra par la taille, venant dépauser un baiser aussi réconfortant que possible sur ses lèvres.


Je suis désolé mon coeur je suis en retard...

RASP a écrit:
Rasp regarda Jizzz qui l'avait rejoint au bord du lac.

Oui Jizz, elle sera bien ici, et lui aussi... Elle apprendra p'têt enfin à nager !

Il lui adressa un pauvre sourire, se tourna vers Bess qui partait déjà saluer le Vieux et Milane, et embrassa la scène du regard.

La famille, du moins ce qu'il en restait, les amis arrivaient peu à peu, les tenues sombres, les visages défaits.

La cérémonie pourrait sans doute bientôt commencer.

bestbuff a écrit:
Le monde arrivait, Erbi, sa nièce Elysia, son beau frère, Sibella.... Erbi restait à l'écart, fronçant les sourcils Bess s'approcha du couple, Elysia tenant la main d'Erbi. Elle les embrassa tous les trois, murmurrant quelques mots de réconfort à l'oreille de sa soeur.

titou84 a écrit:
Titou avait chevauché Ulka toute la nuit pour arriver a Ventadour, sans prendre le temps de passer chez lui ce dirigea directement sur les bords du lac, arrivé sur place la famille était déjà la et quelque autre personne aussi, atmosphère était très lourde.

Titou saute de Ulka, l'attache a un Arbre un peut a l’écart et ce dirige vers la Famille.
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Mar 23 Oct - 20:46

Alcyone_ a écrit:
Jizz, courageuse comme toujours, lui adressa un sourire et quelques mots...

- Comment aurais-je pu ne pas venir...

Rasp arriva avec une seconde charette, l'air hébété, avant de s'éloigner quelques instants sur la berge...

D'autres personnes arrivèrent, qu'elle salua un peu tristement... Bess, Erbi, la mine sombre... Puis elle sentit une main qui vint prendre la sienne... Comme pour lui donner de la chaleur et de la force... Elle serra en retour la main de Mac et lui adressa un regard reconnaissant, bien que chargé de larmes contenues...

Elle salua les amis et la famille au fur et à mesure qu'ils arrivaient... Les visages dénotaient tous la peine immense qu'ils ressentaient, à la hauteur de l'attachement qu'ils avaient eu pour ces deux figures du Limousin...

MarieAlice a écrit:
Un autre adieu à faire. Un de plus. Marie en avait abandonné le compte. Entre ceux aux morts et ceux aux vivants, ces dernières semaines avaient été assez éprouvantes.

Quiqui était venue la chercher pour qu'ils se rendent ensemble au lac, et une fois changée et revêtue d'une tenue aux couleurs sombres, ses larmes essuyées pour laisser la place aux nouvelles qui couleraient sans aucun doute, ils avaient pris la direction du lac.

Une fois arrivés sur place, Marie attacha sa jument à une branche et s'approcha lentement du petit groupe qui s'était formé, son bras sous celui de Quiqui.

Son regard tomba sur les deux charrettes puis sur Rasp et Jizz, au bord de l'eau puis revint sur le lac.

Ils avaient aimé cet endroit tous les deux, lui avaient donné un éclat particulier. Jamais plus elle n'entendrait leur chamaillerie qui n'était que leur façon à eux de s'aimer.

Ils lui manqueraient, ils leur manquaient déjà à tous.

Eilella a écrit:
Eila arriva au bord du lac et vit la famille qui se rassemblait au pied d'un arbre. Elle ne les rejoint pas tout de suite, elle avait plutôt envie de tourner les talons et de vivre sa peine toute seule. Elle préférait être seule pour tout dire, mais Titou venait d'arriver et il lui fit signe d'approcher en l'apercevant un peu à l'écart. Elle s'approcha donc des autres sans rien dire et vint se blottir contre Titou.

Enguerrand_de_lazare a écrit:
A mesure que les pas de sa jument le menaient vers le lac, Enguerrand sentait monter en lui une vague de tristesse qui le laissait sans voix. Le regard posé juste devant l'encolure de son cheval, il laissait sa monture mener la marche, Marie à ses côtés, montée sur sa jument.

Bientôt, il furent en vue du lac, et mirent pied à terre au bord de celui ci, attachant leurs chevaux avant de s'avancer vers le petit groupe qui s'était formé.

Leurs pas étaient lents, et ils n'échangeaient aucun mot. Le bras de Marie était passé sous le sien, il sentait le sol sous ses pieds, sentait l'air humide du lac, entendait quelques bruits venant des frondaisons, mais son esprit était tout ailleurs.

Troublé, il l'était. Par ce double décès qui avait remué tout Ventadour. Par l'agonie de son ami Antor. Par le départ vers un ailleurs de Rochegarde, et depuis quelques minutes seulement par un portrait. Oui, un portrait...un bête portrait. Aperçu sur la cheminée du salon de Marie Alice, alors qu'il l'attendait pendant qu'elle se préparait. Un portrait qui lui rappelait quelque chose. Il n'arrivait pas à bien se rappeler quoi, mais ce visage, ce port, cette allure, ils les avait déjà vus auparavant. oubliés depuis de nombreuses années. Enfouis quelque part dans sa mémoire ou dans une des ses malles.

Mais nom d'Aristote!

Inconsciemment, il secoua la tête, tentant de faire revenir son esprit sur le chagrin de ce jour, sur la peine qu'il ressentait, sur le portrait qui...le portrait! Encore ce fichu portrait! Afin de ne pas sombrer dans une mélancolie des plus dangereuses, il conclut alors un pacte avec son esprit. A chaque jour suffisant sa peine, il laisserait cette histoire de vieille croute de côté pour l'instant, mais se promettait d'y repenser dès que possible.

Il était là pour un dernier au revoir à deux personnes qu'il appréciait et chérissait, pas pour se perdre en conjecture surréalistes. Milane. Has. Voilà, il devait se concentrer sur ces deux êtres exceptionnels, un point c'est tout.

A sa grande surprise, lorsqu'il reprit contact avec la réalité, un bref instant venait de se passer. Tout au plus avaient ils fait quelques toises de plus, désormais à hauteur du petit groupe rassemblé autour des deux charettes.

Ce groupe, ces hommes et ces femmes réunis en ce triste jour. Il les gratifia d'un simple signe de tête, sans pouvoir faire plus, s'apercevant avec presque soulagement que la plupart des présents comptaient parmis ses amis les plus proches.

Hautetour a écrit:
Erwan s'était mis en route en même temps que Bess depuis Guéret. Pourtant il arriva après elle, bien après elle. Longtemps, très longtemps, après elle ... Il avait eu besoin de temps pour comprendre la nouvelle que sa cousine lui avait fait parvenir, un peu plus de temps encore pour en accepter l'idée, encore plus pour aller régler quelques comptes dans cette petite chapèle sur le bord du chemin et alors ... mais un temps ... bien plus considérable pour écluser tout le vin de messe honteusement négocié au diacre du lieu.

Il arrive enfin sur les lieux, visage serré, mâchoires crispées, Cardinal connait le chemin, lui moins ... mais bon le gadin est nettement plus sobre. Coup d'oeil à Jizz, un autre pour Raspoutine et un dernier à ... Bourgogne !!! Le florentin rejoint les linceuls, se penche sur le visage de sa cousine, baise le front chéri à la mode italienne. Nouveau regard au sergent, à cet instant rien ne se dresserait entre les cousins. Rien ! Et Erwan en guise d'adieu glisse un dernier à son cousin bien aimé, comme si de rien n'était.

La famille ! Elle est là, Erwan la rejoint, confortant ses rangs. S'y accrocher pour ne pas sombrer ... S'y accrocher pour ne pas sombrer ... S'y accrocher ...

annlor a écrit:
Des souvenirs ...Des projets qui ne se réaliseraient plus jamais ..A part , peut-être ..qui sait?...Des visages , des mots ..Des mouvements ..Des ..Des....C'est la tête emplie de trop de pensées qu'Annlor arriva sur les lieux de l'au revoir , il ne faudrait pas compter sur elle pour réussir à leur dire Adieu ..Pas la force..Pour le moment..Peut-être qu'un jour, elle saurait regarder le ciel étoilé , imaginerai L'Ange Milane courant après son Merveilleux , lui, bondissant nuage sur nuage, tout deux , souriants ...Qui sait après tout?...Mais l'image serait douce , si douce...

La Blonde descendit de sa charette , vêtue d'un juppon noir et de sa longue cape ...noire ..Triste..Mais si l'on regardait de plus près, l'on appercevrait un bout de tissu de couleur très flamboyante , parsemé de petits pois ...Sourire et pensée....

Elle s'avanca , un baluchon à la main, un peu trop lourd , puis s'arrêta , décida de rester en retrait ..Encore un peu...Alda n'était point arrivée ..Elle avait dû s'arrêter en chemin , allez savoir pour quoi !

C'était dur...Si dur ...Elle pria ...- oui, vous avez bien entendu , prier !-...de réussir , bientôt , à regarder ces fichues étoiles..Et de leur sourire ..Toujours...Avant ceci , elle devrait parler à Jizz ..Mais plus tard...Toujours plus tard ...
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Mar 23 Oct - 20:56

Jizz a écrit:
Les circonstances de la vie faisait que les différents membres de la famille Saincte Merveille n'avaient plus été réunis depuis longtemps. Il était dommage qu'ils le soient en tant que survivants de ce qu’ils craignent être un début d’hécatombe. Quelques mots sortant difficilement, à mi-chemin entre la tristesse et la stupéfaction. Eila arriva, au grand soulagement de Jizz qui avait craint que sa soeur ne refuse de venir. Triste embrassade entre elles puis Jizz laissa Eila se diriger vers Titou. Celui-ci serait d’un meilleur réconfort.

Hébétée et triturant distraitement un pan de sa robe, elle sourit aux amis venus pour ce dernier hommage, se sentant gauche. Son regard se posa sur le sergent Bourgogne, métamorphosé en statue gardienne. Sauf qu’au vu du nombre de bouteilles accumulées, la statue perdait petit à petit sa superbe et commençait à prendre une position de plus en plus inclinée…


Son insistance à couver le corps de Has avait de quoi intriguer. Un doute vint à l’esprit de Jizz… Pensée vite reléguée plus loin, resongeant à sa stupéfaction de les avoir vu arriver rue du Chat qui Pêche. Elle n’aurait jamais cru que le Sergent rapporterait le corps jusqu’ici. Et puis voilà… son père était mort et elle n’aurait plus jamais l’occasion de lui demander le « pourquoi » de tout cela. S’il avait été malgré tout heureux avec eux.

Elle détourna le regard, cœur serré, le moment était venu de poursuivre…


Après un flottement d’hésitation, quelques veine tentatives de négociations avec un Bourgogne de plus en plus revêche, ce fut celui-ci qui déposa le corps de Has dans le trou creusé. Quelques personnes avancèrent la tête, curieuses malgré tout de voir ce qu’il allait advenir du sergent. Elle pouvait presque entendre Has et Milane se chamailler et faisant des paris…

- Mon Merveilleux, je te parie une autre rame en or qu’on n’arrivera pas à le sortir de là !
- Mon Adorée, arrête de faire la mégère… Cet homme m’a admiré, voilà tout !
- Appelle moi encore « mégère » et tu t’en prends une ! Aussi ectoplasmique sois-je !
- Tu n'oserais pas ! Je suis un ange comtal !

Jizz s’approcha, s’adressant indifféremment au trou, à Has et à Bourgogne

Et bien… voilà… Nos chemins se séparent pour de bon cette fois, mon p’tit père… Je me retrouve à nouveau orpheline… Dommage que tu n’ais pas ouvert les yeux à temps et que tu n’ais pas appris à calculer et à réfléchir, comme Milane te l’avait pourtant conseillé quand tu t’es lancé dans tes affaires commerciales juteuses… Ca t’aurait malheureusement évité de devenir malgré toi ce clown que tu avais jusque là tant craint d’être…

Elle eut un sourire gêné, faisant passer son poids d’un pied à l’autre repensant au soulagement ressenti et à ce qu’elle avait dit quand elle avait appris quand son père avait pour la première fois rencontré sa dernière maîtresse, peu après qu’il soit devenu Comte du Limousin et appris qu’elle avait accouché si peu de temps après… Elle avait ri, imaginant la femme en attributs affriolants, cherchant dans la liste des personnalités intéressantes qui pourrait être suffisamment naïf pour croire à la paternité de l’enfant qu’elle portait…

Il parait que je devrais te pardonner pour ta faiblesse et ton orgueil masculin... ça viendra peut-être, c'est encore un peu difficile...

Triste sourire... Elle détourna le regard, le posant sur Rasp, saisit une sorte de chapeau en métal, qu’elle déposa sur le corps de Has. Elle n’en aurait plus besoin. Elle hésita à ajouter quelque chose, referma la bouche. Elle réglerait la question des bocaux de poire plus tard, avec Bourgogne, et s’éloigna de quelques pas s’enroulant frissonnante dans sa cape.

Alda a écrit:
Alda était arrivée à Ventadour depuis quelque temps, mais n'avait pas jugé bon se présenter à la demeure Saincte-Merveille, supposant que la famille préfèrerait être tranquille, la douloureuse nouvelle devait les avoir anéantis. Elle avait tourné et viré dans les rues de Ventadour, des souvenirs s'imposant à sa mémoires, mais elle n'avait pas le coeur à s'en réjouir. Quand le moment fut venu elle se dirigea vars le lac où la cérémonie devait avoir lieu. Elle resta à l'écart drapée de noir, refusant de laisser couler ses larmes devant ceux qui en avait sans doute plus encore à verser. Et c'est là qu'elle le vit. L'immonde personnage. Il pensait pouvoir s'en sortir ainsi ? Il lui était si facile de le déposer dans un trou, qu'on ensevelisse vite la preuve de son incapacité. Les poings serrés aussi fortement que ses mâchoires qui retenaient les hurlements qui étaient en elle frappant ses tempes à la rendre folle, son regard noir ne quittait plus Bourgogne. Le moment viendrait où il devrait répondre de ses actes et expliquer pourquoi il ne rapportait qu'une dépouille alors qu'on attendait Le Merveilleux. Ses pensées allèrent à Milane. Femme sage qui avait tant supporté, le caractère franc imposant le respect. Quelle perte encore et pas seulement pour cette famille. Les Cieux seraient sans doute plus lumineux en la comptant parmi les étoiles. Refoulant ses larmes elle observa la scène.

erbigaël a écrit:
Erbigaël sortit de sa torpeur et embrassa sa soeur. Elle prit les fleurs qu'elle avait préparé et s'avanca vers Jizz, Eilella et Rasp et les embrassa. Elle sortit un maladroit:

Toutes mes condoléances....

Elle prit les fleurs qu'elle partagea en deux bouquets. Elle en déposa un sur chaque corps.

Bon voyage et que votre vie soit plus douce maintenant.

Elle retourna auprès de sa famille et se blottit dans les bras de Shiska.

ptitoliv a écrit:
Un volatif arriva tardivement à Ventadour, un peu perdu. Il était un peu perdu, un peu comme l'homme qui venait de perdre sa jumelle adorée, qu'il aimait tant chiarier.

Citation :
Un coucou de Montpensier Jizzouninounette,

Un petit mot pour te donner du courage dans ce moment délicat et très dur à vivre. N'ayant pas l'envie d'écrire car gros sur le coeur je ferai vite. Je souhaite à Milane de trouver le chemin du paradis et qu'Has la suive là haut auprès du tout puissant.

Tristement, je t'envois des bisous de réconfort.

Ptit, jumeau de Montpensier de Milaneuh.

PS: J'espère que tu pourras déposer une fleur en mon nom jizz! Merci.

RASP a écrit:
Rasp s'approcha à son tour de la dernière demeure de son frère.
Il se racla la gorge, les yeux fixés sur le corps, espérant contre toute logique le voir lui faire un clin d’œil et se lever.


Une fois de plus t’es le premier, tu dois bien rire là haut !

Nous n’étions pas souvent d’accord Has, surtout ces dernières semaines.

Bon sang ! j’aurais dû te rosser quand il en était encore temps, ça t’aurait p’têt remis les idées en place !

pffffffttttt ! Va falloir que j’me méfie de Jizzz maintenant moi…
Elle serait capable de m’pousser dans l’escalier la peste !


Il soupira et murmura :

Je t’aime mon frère, puisse-tu reposer en paix, tu me manques.

Il se baissa, prit une motte de terre dans ses mains et la jeta sur le corps étendu dans le trou.
La gorge serrée, il resta là un instant, le regard fixe, puis il se détourna et rejoignit le bord du lac où il put pleurer à son aise loin des regards.

Actus a écrit:
Actus arriva en retard car il y avait beaucoup de chemin entre la Guyenne et Ventadour.
Il descendi de son cheval et l'attacha a un grand chene a l'ecart.
Il aimait beaucoup Has et Milane et des qu'il eu aprit leur mort, il s'etait precipité direction Venta.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas remis les pieds ici mais il comptait revenir s'y installer tres bientot...

Il resta a l'ecart de la foule. Il apercu certains de ses amis et leur fit un signe de la main, mais ils etaient trop occupé a regarder la ceremonie, se qui est tout a fait normal.

Il portait dans ses mains deux bouquets de fleur qu'il comptait deposer sur chaque corps a la fin de la ceremonie.

Jizz a écrit:
Bon, et de un… restait Milane…

Elle suivit son oncle du regard, inquiète pour lui. Elle s’approcha de Milane et se caressa le ventre presque machinalement. Elle n’avait jamais envisagé accoucher entre les mains de quelqu’un d’autre que sa mère. Que se passait-il si on décidait de ne pas accoucher ? Jusque où pouvait on grossir sans exploser ? Elle secoua la tête, il serait toujours temps de trouver une solution le moment venu. N’empêche… Elle fut parcourue d’un frisson et songea qu’elle aurait souhaité la présence de sa mère pour la réconforter. Elle posa le regard sur le linceul qui recouvrait Milane et fut reprojetée dans l’instant présent, la chape de chagrin se rabattant instantanément sur elle.

La jeune femme posa un baiser sur le front de Milane au travers du drap bleu à pois rose la recouvrant, prise d’un sentiment fugace de culpabilité en se revoyant penchée sur le comptoir du tisserand, l’étranglant presque quand il lui avait dit que cela lui était impossible de préparer sa commande aussi rapidement…

Un mouvement sur le côté lui fit relever la tête. Rasp, yeux rougis arrivait près d’elles. Elle s’éloigna d’un petit pas pour le laisser faire.

RASP a écrit:
Le plus dur restait à faire...
Il s'approcha de Milane, croisa le regard de Jizzz et lui sourit courageusement.
Il inspira un grand coup et prit le corps dans ses bras.
Pas plus lourde qu'une plume la Milane !

Il fit quelques pas et confia le corps à Bourgogne qui n'en menait pas large sous les regards assassins de la vicomtesse de Panazol.

Puis il sauta dans la fosse, manquant s'affaler dans la terre humide en tentant d'éviter le corps de son frère, se retourna en bougonnant et tendit les bras à Bourgogne qui lui remit le corps.
Il déposa doucement Milane sur la terre meuble, les pieds tournés vers le lac, la tête vers celle de Has pour une dernière dispute, une ultime conversation...

Il tendit la main au sergent qui le hissa en ahanant hors du trou, s'épousseta rapidement en marmonnant et recula de quelques pas...

Jizz a écrit:
Jizz s’approcha une dernière fois, laissant tomber sur le corps Milane une branche de chèvrefeuille fleuri.

Au revoir ma mère… Toi qui a à peine rechigné à m’accueillir chez toi… Merci d’avoir été là, merci de m’avoir appris tout ce que je sais ou à peu près… Je garde précieusement la recette du painsson. Maintenant, je peux t’avouer que c’est franchement répugnant à manger, mais au moins, ça limite les risques d’être ennuyée par quelqu’un, et au cas où, ça fait de fameux projectiles à lancer.

Petit silence, c’est encore plus difficile que ce qu’elle n'avait pensé. Elle se frotta les yeux avec un coin de sa manche, lèvres tremblotants un peu et poursuivit, gorge serrée

Et puis regarde… on t’a trouvé le coin avec la meilleure vue sur les nageurs… L’avantage d’être un ange, c’est que tu ne pourras plus te noyer…

Elle se tut, sentant qu’elle s’embourbait, inspira avant de continuer

J’espère que déplumer des anges sera aussi divertissant qu’un bon mollet poilu… même si c’est moins consistant pour y planter les dents en cas de résistance…

Bon… là il était vraiment temps qu’elle se taise… Elle se tourna vers Noncleuh, lui posa un triste baiser sur la joue, regarda une dernière fois Milane et s’éloigna attendant que Bourgogne recouvre les deux corps de terre.

MarieAlice a écrit:
Marie toujours accrochée au bras de Quiqui suivait des yeux la cérémonie.

Jizz et Rasp s'occupaient avec Bourgogne de les ensevelir et la jeune femme préférait les laisser faire. Les condoléances et autres banalités trouveraient leur place plus tard.

Lorsque le nouveau patriarche des Saincte descendit dans la tombe pour y placer Milane, sa main se resserra sur le bras de son ami tandis qu'elle regardait le lac.

Ici ils seraient bien, pourraient commenter les différents styles de nage et de costume de bain, Milane à force de regarder apprendrait enfin à nager, Hasdrupal lui trouverait bien un moyen de jouer au Leviathan.

Oui, ici ils étaient chez eux.

RASP a écrit:
Rasp s'avança au bord de la fosse.

Voilà Milane... c'est ici que l'on se dit aurevoir.
Je me souviens de notre rencontre un jour en taverne, tu ne connaissais pas encore mon frère, ni les épilations d'ailleurs...

Déjà ton caractère combatif, tes envolées par dessus les tables avec ton ami Zhoran m'avaient fortement impressionné !

Nul doute que les anges là-haut n'apprennent bientôt à leur dépens à respecter Milane et son caractère si euh ... particulier.

Surveille bien mon frère, aime-le encore et toujours, et veillez de là-haut sur votre famille à qui vous manquez déjà terriblement !


Il prit à nouveau de la terre dans ses mains et la jeta sur le corps de Milane, puis alla rejoindre Jizzzz , la prit dans ses bras et la serra contre lui sans un mot.
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MessageSujet: Re: Memoires et Fredaines   Mar 23 Oct - 21:04

Milamber987 a écrit:
Milamber était à Ventadour... première fois depuis bien longtemps... il avait appris la nouvelle mais n'avait pas encore pu parler aux Sainctes Merveilles. Milane et Hasdrupal lui manqueraient. Il avait ressenti un réel chagrin lorsqu'il avait appris la nouvelle.

Il se tenait ainsi à l'écart, prêt du lac où se passait le rassemblement. Il fit un petit signe de main, comme pour dire au revoir à des amis puis se retira. Il logeait pour la nuit dans une petite auberge propre au bord de la route entre Ventadour et Murat. Il donna un courrier à l'attention de Jizz à un des domestiques qui faisaient la route avec lui.


Citation :
Chère Jizz, mon amie,

je ne sais que te dire pour apaiser la douleur donc je vais me contenter de te présenter mes condoléances et de te dire que si tu as besoin, je serais là tant que je le pourrais. Je m'en vais vers la Bourgogne, pour rejoindre Juliette. J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir bientôt. Je te souhaite de bonnes choses avec ta famille qui continuera à s'agrandir j'en suis certain.

Passe toutes mes pensées à ta famille.

Milamber.

Il se mit ainsi en route dans la nuit vers la Bourgogne. Triste mais plein d'espoir pour l'avenir.

bestbuff a écrit:
Les deux corps se trouvaient maintenant l'un prés de l'autre... pour toujours, un adieu trés...Saincte Merveille de la part de Jizz et Rasp, fidèlent à eux-mêmes... Bess s'en retourna à son cheval, sorti quelque chose des fontes, et revint prés de la fosse. Elle ne put retenir une larme en laissant choir sur les corps de Milane et Has un Painsson pour l'une et la réplique miniature de potence pour l'autre.

Elle se recula en baissant la tête, puis alla rejoindre Erwan qui se tenait à l'écart, le visage fermé.

annlor a écrit:
Il était temps..Temps de leur dire au revoir ..De les laisser partir , même si son coeur garderait à jamais une place pour eux ..Toujours...Et c'est le visage fermé qu'elle s'approcha , doucement....Elle regarda , puis sortit de son baluchon une cuisse de mouton sèche et puante , la lanca , essayant quand même de viser correctement , quoique...L'Vieux aurait surement souris intérieurement en la voyant faire...

Puis elle déposa un tournesol séché , son cadeau pour Milane , pour une promesse qui n'avait pu se réaliser ..Mais elles se retrouveraient toutes deux ..Un jour et Annlor lui expliquerait enfin ....

Une fois ceci accomplis , la De Rien leva les yeux au ciel et murmura "au revoir"..Tout doucement, une nouvelle fois...Puis elle repartit ..Son baluchon était vide ..Sa tete beaucoup moins ...Elle écrirait à Jizz , elle avait juste eu le temps de lui adresser un pauvre sourire , ainsi qu'au reste de la famille ...Elle allait partir d'ici quelques jours ....Les Pigeons seraient-ils moins bourrés où elle se retrouverait ?...Elle ne savait même pas où ..Mais partir était devenu nécessaire ...Qui vivra verra disait l'autre! Nous verrons tout ceci plus tard ...

-Charon- a écrit:
Pour sûr, c'était point dans ses habitudes d'assister à des enterrements... Les morts, c'était lui qui les fabriquait, habituellement, alors hormis quand on lui demandait d'aller ensevelir un gars qu'aucune famille n'avait réclamé, il évitait ce genre de cérémonie. Mais çui là... ça affectait une famille que boudiou il aimait bien... à qui il devait beaucoup...

L'Père Pilori, qui pour ainsi dire, l'avait vu naître et baptisé... Lui qu'avait des ambitions papales... Bah tiens. Il avait juré comme un vieux charretier en apprenant la mort de sa Dame et la sienne. Cette vieille chienne encagoulée, avec sa faux, l'était parvenue à avoir leur peau. Créfieu, il lui aurait bien tordu l'cou à celle-là. Contrairement à lui, elle frappait à l'aveuglette, et souvent, s'plantait de cible, emportant les meilleurs toujours trop tôt et laissant trop longtemps la Terre porter les indésirables.

Ainsi, il s'était rendu de Limoges à Ventadour, accompagné comme il se doit de sa fidèle hache. L'avait aussi troqué sa capuche rouge vif contre une noire... Effrayant des mioches sur son passage, il s'était renseigné et avait appris que les funérailles avaient lieu au bord d'un lac. Paisible paysage pour un couple qui, fort heureusement, ne l'était pas... Il gagea qu'armés de leurs ailes d'Anges, ils trouveraient cor' bien le moyen de se voler dans les plumes...

Il arriva que la cérémonie était déjà avancée. Du monde... Trop à son goût de bourrel peu enclin aux mondanités, mais pas assez au vu des personnages. La peste soit des gens à la mémoire courte. Il vint se recueillir devant les fosses... Ventredieu, lui qu'en avait déjà tant vu, pourtant, il fut prit d'une émotion et d'une tristesse inhabituelle... Il prit la parole.


Ben, l'Père Pilori... Vous et vot'dame, z'avez réussi à infliger à tous ici, moi compris, une souffrance pire que j'pourrai jamais produire moi-même. J'dois ben admettre que j'pourrai jamais faire mieux... Ca mérite ben tout mon respect... et que j'vous confie c'que j'ai de plus cher pour vous accompagner...

Il prit sa hache. Sa fidèle hache, sa compagne, presque, à qui il parlait et se confiait, au risque de passer pour fol. Il s'agenouilla au sol à coté de la fosse, et se pencha en tendant son immense bras pour placer délicatement, aux cotés de la dépouille du Comte, sa hache chérie. Mais après tout, c'est un peu à l'homme qui se trouvait là qu'il la devait, ce n'était que justice...

Il se releva sans aucune considération pour la terre qu'il avait sur les vêtements. Il s'essuya tout de même les mains sur les braies pour aller saluer la famille et lui présenter, gorge serrée, ses condoléances. Devant celle qui serait toujours pour lui sa "p'tite juge", il fut d'autant plus ému, même s'il ne le montra point... Vindiou, ça lui r'ssemblait pas... mais l'on peut être bourrel, l'on en reste pas moins humain...

Enguerrand_de_lazare a écrit:
Enguerrand n'avait dit mot durant les minutes qui venaient de s'écouler. Accablé de tristesse, mais aussi de nombreuses questions nouvelles, il était resté immobile, Marie enserrant son bras.

Il n'osait bouger, ne sachant que faire, et préférait rester ainsi, aux côtés de son amie.

Plus tard, il irait saluer la famille Saincte Merveille. Mais il n'en avait pas la force pour l'instant.

Silencieusement, il adressa un dernier au revoir à ces deux êtres exceptionnels, ses lèvres bougeant, sans émettre le moindre son.

Jizz a écrit:
Pelletées de terre soigneusement lancées par Bourgogne, elle peut presque entendre son père râler contre le poids de cette terre qui allait lui faire perdre cette stature savamment étudiée, lui écraser ce ventre si bien entretenu. Quelqu’un lui donne des courriers qui ont été envoyés, elle les lu, souriant tristement. Elle y répondrait plus tard… Une fois rentrée chez elle.

Quelques mots de condoléance presque chuchotés, sourires tristounets de part et d’autre, les personnes présentes finirent par se disperser.

Jizz tourna encore un peu autour de la terre fraîchement remuée dans le silence retrouvé. Sourit légèrement, apaisée. Pas de stèles, juste une simple petite croix en bois, rappelant d'où ils viennent. Au prochain été, quelques coquelicots permettraient de retrouver l’endroit où ils avaient été ensevelis. Mmmmh… à la limite, elle viendrait aussi planter un framboisier…

MarieAlice a écrit:
L'heure du retour avait sonné, il serait temps de revenir plus tard.

Il se faisait en silence, chacun d'eux perdu dans ses pensées.

Les chevaux au pas, les cavaliers les guidant comme mécaniquement, le coeur en larmes et l'esprit ailleurs.

La journée avait été dure, longue, remplie d'émotions diverses et éprouvantes.

La visite de Jacques, son départ de la ville, du Comté, de leurs vies, l'enterrement d'Hasdrupal, tit grognon enfin en repos, lui qui pestait contre l'inaction, Milane, bien plus patiente que l'on ne pouvait le croire, toujours à ses côtés.

Elle ne savait pas encore que ça n'était pas fini. Les grilles de sa demeure se profilait devant eux.

Sergent Bourgogne a écrit:
Voilà! Fini! La pire corvée du Sergent aux multiples couturesétait achevée. L'assistance s'était éloignée, la famille s'appretait à quitter les lieux. Restait la silhouette trapue, immobile, appuyée sur une bêcheet un poing sur la hanche.
- Notre dernière conversation Saincte Merveille... J'en ai enterré des gredins! Sauf vot' respect Comtesse Milane, mais je crois que vous serez les derniers...
- Fous nous la Paix Bourgogne. Tu vois pas qu'on est occupé?
- Oui mon bon sergent. Laissez le moi. Maintenant que je le tiens...
- Tu me tiens... tu me tiens?.... Ah oui! Pas encore l'habitude d'être immateriel moi! Bon ben doucement quand même. Vu notre état de fraîcheur, ça pourrait... ah! Je t'avais dit de faire attention!
- Bah tu es loin des choses terrestres maintenant...
- Ouais! Maintenant, un peu plus, c'est sûr! Bon, qu'est ce qu'il y a pour ton service, Sergent?
- Euh, ah ben.. Une dernière volonté?
- Que Dragonet soit foudroyé! Non! Qu'il chope la petite vérole!
- Il l'a déjà non? Et ce n'est pas beau de mourir en maudissant. Retire ça tout de suite!
- Aïe! Bordel! Je croyais que j'étais débarrassé de la douleur!
- Pas avec les plumes!
- Bon alors.. dernières pensées? On embrasse toute la famille. Ils sont Merveilleux. Et pas seulement par le patronyme!
- Et on les surveille! Que les bébés soient bien élevés surtout.
- Voilà. Important la bonne éducation! Faut sortir le martinet, le pilori et la vierge de Nuremberg de temps en temps. Ca calme.
- Et on a eu grand plaisir à fouler cette Vallée de Larmes. Cotoyer les mortels... On leur doit beaucoup de grands moments.
- Exact. Des tavernes de Ventadour aux coulisses du Château...
- ... du Limousin à la Bretagne...
- ... du Berry au BA...
- On a du mal à rester dans ce gentil petit trou....
- ...mais on va se reposer un peu....
- ...si tu ne ronfles pas!
- Si tu arrêtes de rouspéter!
- C'est ton frère qui rouspète!
- Tu dis ça parceque vous n'avez pas entendu mon petit Hannibal!
- Oh celui là! Entre sa mère et toi!...

Bourgogne secoue la tête, commençant à subir ce que le mal de crâne peut offrir de plus terrible: entre la prise dans un étau et le catapultage Bralicien.
- Bon je vais vous laisser. J'avais craint un instant.... un instant seulement.
- Adieu Bourgogne!
- Milane, tu peux lâcher ce machon que tu as à la main... c'est d'un ridicule!

Alda a écrit:
L'assemblée était dispersée, laissant le Bourgogne seul. Alda toujours en retrait l'observait, il leur parlait, elle en était certaine à la façon dont il se tenait près des tombes. Demandait il pardon ? Elle s'approcha, et lui fit face. Le regard noir elle le jaugea, puis lui donnant un coup de poing sur la poitrine, elle laissa la colère prendre forme :

- Toi ! Toi, ici mais comment peux tu ? La honte ne t'a pas encore tué ? Qu'attends tu pour les rejoindre ? Bien que tu mérites de souffrir mille tourments ! Tu n'es qu'un incapable, un bon à rien, un faible, un ignare, tu n'as pas su le protéger, l'empêcher de faire n'importe quoi, le ramener vivant ! C'est toi qui devrait moisir ici pas lui ! Il ne le mérite pas !
Nouveau coup asséné sur la poitrine de Bourgogne plus fort encore et des deux points, qui oblige le pauvre bougre à faire un pas en arrière, ce qui n'arrête pas Alda qui s'avance toujours menaçante, la voix plus forte elle continue.

- Oh, oui je sais il avait des défauts, mais qui sommes nous pour lui reprocher, tu aurais dû l'aider toi, à changer ! A devenir meilleur et plus raisonnable, tu aurais dû le conseiller, faire ton travail, le protéger même contre lui même, le guider dans le juste chemin ! Je te déteste, tu es sa perte quand il t'était si facile de tout arranger, de tout changer, n'as tu donc pas de coeur ? J'ai encore perdu un père par ta faute...
Sa voix se brise, les larmes coulent sur son visage, Alda se laisse choir près des tombes et pleure les êtres sur qui elle savait pouvoir compter. La perte est bien trop grande pour la mettre en mot, le désespoir bien trop grand pour qu'elle se relève.

erbigaël a écrit:
Erbigaël avait rejoint Shiska et ses deux filles. Silencieusement, ils reprirent le chemin du retour.

Sergent Bourgogne a écrit:
La fureur de la vicomtesse "tait une surprise pour le soldat. Et il aurait préféré mille anglois à cette colère de chagrin. Chaque pression de l'index accusateur sur son plastron faisait mal, appuyant sur une grosse poche de remords prêts à jaillir...
Non finalement.

- Vicomtesse, le Vieux est bien là où il est. Il me l'a dit. Et ce vieil égoïste se fiche pas mal des pleurs que lui et la Comtesse laissent derrière eux.
Ca c'est plutôt leur fille Jizz qui me l'a dit.
Si vous voulez épaule paternelle, je vous donne la mienne de bon coeur. Elle est large vous la trouverez toujours à votre service.
Y plantez quand même pas la quenotte....

Pis, question défaut.... z'êtes en dessous de la vérité.... Moi qui était comme qui dirait son confesseur.... je pourrais vous en raconter..... tenez venez, c'est désert maintenant, et faut que je marche....


Prenant le bras de la Vicomtesse avec une douceur inaccoutumée, Bourgogne commença l'énumération édifiante des fredaines dont il avait été témoin.... provoquant au bout de quelques pas les premiers rires de la Dame Ysengrine. Ils s'éloignèrent lentement dans le jour finissant.
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